L'industrie veut accroître son poids dans l'économie

PARIS (Reuters) - Le patronat juge possible de faire passer à 15%, contre 12% actuellement, le poids de l'industrie dans l'économie française d'ici cinq ans si l'Etat fait preuve d'une "forte ambition en matière de politique publique incitative".

Le Groupement des fédérations industrielles (GFI), qui regroupe la plupart des secteurs de l'industrie, a présenté jeudi 16 propositions pour y parvenir en rétablissant un "cycle vertueux" de compétitivité, croissance, investissement et emplois durables.

Il reconnaît que, sous le quinquennat de François Hollande, l'industrie française est parvenue à enrayer quinze ans de déclin, comme en témoignent l'amélioration récente des indicateurs de coût du travail ou du taux de marge des entreprises, mais que la situation "reste fragile".

Il met au crédit des gouvernements depuis 2012 la création de la Banque publique d'investissement, les mesures en faveur du financement des entreprises, les plans de développement liés à la "nouvelle France industrielle", la baisse des charges (CICE) et de fiscalité et la mise en place du dispositif de suramortissement des investissements.

Mais Philippe Darmayan, président du GFI, a déploré les "zigzags permanents" des pouvoirs publics entre mesures favorables et défavorables aux entreprises, comme la complexité du compte de pénibilité, voire les "changements en cours de route inacceptables".

Sur ce dernier point, il a cité l'abandon du projet de suppression de la C3S, une taxe sur le chiffre d'affaires, en 2017 et son remplacement par une hausse du CICE et une baisse d'impôt pour les PME dont les effets se feront sentir sur 2018.

"Il faut créer un environnement de confiance", a dit le président du GFI.

Parmi les propositions avancées, figure la poursuite de l'allègement des charges sur les salaires pour aligner leur taux sur la moyenne européenne, avec un dispositif ciblant ceux au-dessus de 2,5 fois le smic pour favoriser la compétitivité des emplois qualifiés et la "montée en gamme" de l'industrie française.

Le GFI souhaite également la baisse des impôts pesant sur la production, une stabilisation de la fiscalité environnementale française, qu'il juge "une des plus élevées" en Europe, et un allègement de celle pesant sur le capital.

Il prône aussi la suppression de l'Impôt de solidarité sur la fortune, qu'il considère comme un "frein" à la transmission des PME par leurs dirigeants.

(Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)


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