L'exécutif tente d'apaiser la fronde des policiers

PARIS (Reuters) - L'exécutif a multiplié les gestes d'apaisement mercredi pour tenter d'enrayer la fronde de policiers qui ont participé à de nouvelles manifestations spontanées en dénonçant la menace de sanctions brandie la veille par leur direction.

François Hollande a rappelé lors du conseil des ministres "son soutien et celui de son gouvernement" aux forces de sécurité ulcérées par les violences dont ils sont la cible, a dit le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

Pour tenter de reprendre la main sur un mouvement lancé hors de tout cadre syndical, le syndicat Unité SGP police FO a appelé à une "marche de la colère policière et citoyenne" le 26 octobre à Paris et en province.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, qui assure avoir considérablement renforcé les effectifs et les moyens des forces de l'ordre, a reçu les syndicats de policiers en fin d'après-midi.

Il a affirmé qu'il n'avait pas voulu "entrer dans un cycle de sanctions" mais "rappeler les principes", car "la police chargée de faire respecter la règle ne peut s'en affranchir".

"Le gouvernement est totalement déterminé à ce que la justice passe chaque fois qu'un policier ou qu'un gendarme est agressé", a ajouté Bernard Cazeneuve à l'issue de la rencontre.

Les syndicalistes ont obtenu une sorte de "Grenelle de la sécurité" au niveau de chaque département pour revoir les missions des policiers, a indiqué Jean-Claude Delage, secrétaire général d'Alliance.

"Le ministre a répondu à environ 20% de nos revendications", a déclaré sur BFM TV Philippe Capon, secrétaire général de l'Unsa Police, pour qui le ministre a surtout confirmé "des mesures qu'on connaissait déjà".

Le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, devait également recevoir les syndicats en début de soirée et répondre aux critiques sur le laxisme supposé des juges.

UN MOUVEMENT INÉDIT

Les manifestants, qui se sont rassemblés lundi soir sur les Champs-Elysées et dans d'autres villes mardi soir, reprochent au Premier ministre Manuel Valls et à Bernard Cazeneuve de multiplier les déclarations mais de ne pas leur donner réellement les moyens d'exercer leurs missions.

Ce mouvement de protestation policière inédit survient dix jours après une attaque au cocktail Molotov contre deux patrouilles de police à Viry-Châtillon (Essonne) qui a grièvement blessé deux policiers, dont un est toujours hospitalisé.

Brandissant des pancartes "Solidarité avec nos collègues", plusieurs centaines de policiers se sont rassemblés dans la soirée à Evry (Essonne) où une réunion se tenait entre le directeur général de la police nationale Jean-Marc Falcone et les chefs de la brigade anticriminalité du département.

La manifestation s'est tenue dans un contexte tendu. La voiture de Jean-Marc Falcone a quitté les lieux sous les huées et sous les appels à la démission.

A Marseille, une centaine de policiers en tenue, regroupés dans une quarantaine de voitures de service, se sont rassemblés dans la nuit sur le Vieux Port pour exprimer leur "protestation et leur solidarité" après l'attaque dans l'Essonne.

"L'AUTORITÉ DE L'ETAT N'EST PLUS RESPECTÉE"

Des manifestations se sont également tenues à Nice et à Toulouse.

"Je peux comprendre leur exaspération, je peux comprendre leurs angoisses, leurs craintes", a déclaré mercredi Jean-Marc Falcone sur RTL. Mais "la police nationale n'a pas le droit de grève, elle peut exprimer son mécontentement (...) sur des manifestations ou des rassemblements de policiers en civil hors service".

"Ce qui s'est passé il y a deux jours sur Paris, c'est l'utilisation de véhicules et de moyens de la police nationale pendant les heures de service, et ça, ça n'est pas normal, ce qui a entraîné de ma part la saisine" de la police des polices (IGPN), a-t-il ajouté.

A six mois de l'élection présidentielle, la colère des policiers a pris un tour politique. Les policiers ont notamment reçu le soutien d'élus Les Républicains, comme Eric Ciotti, ou du Front national, dont sa présidente Marine Le Pen.

Invité sur France 2, Alain Juppé, candidat à la primaire de la droite et du centre, a déclaré qu'il comprenait "parfaitement l'état d'esprit des policiers".

"Assurer l'ordre public et la sécurité, ça suppose d'abord une volonté politique et une autorité respectée, or aujourd'hui l'autorité de l'Etat n'est plus respectée", a estimé l'ancien Premier ministre.

"Il est vraiment grand temps de rétablir l'autorité de l'Etat", a déclaré son principal rival pour la primaire Nicolas Sarkozy, pour qui les policiers "ont le droit d'exprimer leur colère en manifestant".

Le Premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a dénoncé "la patte" du Front national derrière les manifestations, ce que plusieurs dirigeants du parti ont démenti.

Des policiers s'exprimant sur les chaînes d'information ont jugé les propos du dirigeant socialiste "insultants".

(Marine Pennetier et Gérard Bon, avec Jean-François Rosnoblet à Marseille, Jean-Baptiste Vey et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)


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