par Chrystel Boulet-Euchin
LONDRES (Reuters) - La Française Marlène Harnois a décroché jeudi le bronze des moins de 57 kg en taekwondo aux Jeux olympiques de Londres , offrant à la délégation tricolore sa 29e médaille que la Canadienne d'origine a tenu à offrir à son pays d'adoption.
L'athlète de 25 ans, qui vient du Québec et qui fut naturalisée en 2008, a su se remotiver après avoir été battue en demi-finale par la championne du monde en titre de la catégorie, la Chinoise Hou Yuzhuo.
Pour une place sur le podium, elle a dominé la Japonaise Mayu Hamada sur le score de 12-8, plaçant notamment une touche au visage dans les toutes dernières secondes pour s'assurer la victoire.
"Bon, ce n'est pas l'or mais quand même. A 18h, c'était beaucoup moins festif. Je passais d'une possible place de finaliste à peut-être rien", a dit cette grande bavarde.
"J'ai parlé avec mon copain, mes amis, avec Myriam (Baverel, son coach-NDLR) qui a su trouver les mots pour aller chercher cette médaille."
Myriam Baverel, médaillée d'argent à Athènes, est à l'origine du succès de sa protégée, qui a connu un parcours particulier.
Venue passer une année en France où elle découvert les structures offertes au taekwondo - "J'avais 14 ans et Pascal Gentil (multiple champion du monde-NDLR) venait me chercher au collège", se souvient-elle -, elle est ensuite repartie outre-Atlantique et a abandonné son sport pendant quatre ans, faute de moyens techniques comme financiers.
"LE COMBAT DE MA VIE"
Devenue entraîneur, Baverel l'a appelée et lui a proposé de revenir en France, de s'entraîner avec les Français. En 2008, elle a obtenu la nationalité française et quatre ans plus tard, elle a décroché le bronze.
"Cette médaille, je tiens à la dédier à mon pays d'adoption. Ce combat, c'était le combat de ma vie. J'étais menée 3-0 et je me suis remise dedans. Je ne peux même pas vous raconter mon combat, je ne sais plus", a avoué Marlène Harnois.
"Une fois menée, je me suis dit que je ne pouvais pas laisser échapper ça. La France est le pays que j'ai choisi, la France a cru en moi, a contribué à mon développement et je lui doit bien ça."
L'appel de Myriam Baverel a donc fait basculer sa vie. A 18 ans, elle a quitté son pays, sa famille, ses amis pour se reconstruire à Paris.
"C'était une prise de risque totale. C'était cap' ou pas cap'?", dit-elle en riant.
Depuis, elle a obtenu un diplôme de journalisme, son brevet d'Etat deuxième degré en sport, elle travaille dans la communication pour une entreprise informatique, ne pouvant pas vivre de son sport.
Elle a un amoureux, Samuel Coco-Viloin, qui a disputé les Jeux de Pékin sur 110m haies, avec qui elle partage un rêve.
"Ce qui serait bien maintenant, c'est que l'on fasse Rio ensemble", a-t-elle dit, le regard tourné vers les prochains Jeux, dans quatre ans.
Edité par Simon Carraud
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