JO: l'Olympic Park, une friche transformée en petit paradis

par Toby Davis

LONDRES (Reuters) - "Sens ça", dit Tim Smit qui vous place sous le nez une poignée de terre ramassée sur le sol du Parc olympique de Londres.

"Pas un seul grain de cette terre n'est original. Elle est le fruit du plus grand contrat de fabrication d'un terreau de l'histoire", explique-t-il.

"Ce que vous voyez là est un formidable symbole d'espoir pour un des endroits les plus pourris de la planète."

Tim Smit fait partie des acteurs de la transformation du site d'East London, sous-développé, contaminé et pollué, en un petit paradis.

La conversation se déroule sur les rives de la rivière Lea qui traverse le Parc Nord du domaine olympique.

La rivière est désormais entourée de pelouses plantées de fleurs pourpres, blanches et jaunes.

Désormais bordée de roseaux, elle n'a plus rien à avoir avec son ancienne condition de voie d'eau utilisée à des fins industrielles pendant des siècles, jonchées d'ordures, de débris de chariots de supermarché et même, parfois, de carcasses de voitures.

La rivière Lea est un des symboles de l'époustouflante mutation de friches polluées en une réserve naturelle dans laquelle sont nichés les sites qui vont accueillir les athlètes du monde entier dans quelques jours.

"TRADITION VICTORIENNE"

L'Olympic Park a une superficie de 50 hectares ce qui en fait le plus grand parc créé en Grande-Bretagne depuis un siècle.

"D'une certaine façon, nous prolongeons la grande tradition victorienne des parcs urbains", déclare Phil Askew, responsable des parcs et jardins.

Le site olympique est divisé en deux parcs.

Celui du nord est verdoyant, planté de prairies qui célèbrent la biodiversité et la beauté.

Celui du sud relève davantage de l'horticulture et de la décoration avec des blocs de couleurs répartis en quatre jardins inspirés de l'Europe, de l'Asie, de l'hémisphère Sud et de l'Amérique du Nord.

Ces jardins abritent des colonies d'insectes et de papillons et le site, autrefois présenté comme "une décharge de produits toxiques", accueille entre 200 et 300 espèces de plantes de toutes origines.

Des Smith, un des chefs jardiniers, parle d'un "éblouissement du regard" et d'"attaques de tous les sens".

Le Comité d'organisation britannique a pris le contre-pied de celui de Pékin qui avait choisi de célébrer l'architecture urbaine et n'avait accordé qu'une portion congrue aux espaces verts.

Réhabilitation, rénovation, conservation et respect de la nature... les Britanniques espèrent que leur création marquera un tournant.

Jean-Paul Couret pour le service français


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