Jean-Luc Mélenchon mène la fronde contre le traité européen

PARIS (Reuters) - Jean-Luc Mélenchon a dénoncé dimanche le traité budgétaire européen et la politique d'austérité au sein d'une manifestation parisienne à l'appel d'une soixantaine d'organisations, dont le Front de gauche.

Le cortège de plusieurs milliers de personnes s'est élancé de la place de la Nation vers 14h00 pour rallier la place d'Italie.

Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à l'élection présidentielle du printemps, a estimé que ce défilé était un appel lancé à François Hollande pour lui signifier l'opposition d'une partie de la gauche au traité européen.

"Ce qui se passe là va le faire réfléchir parce que je crois qu'il ne croyait pas que cette capacité existait dans le pays d'une manifestation à caractère social et politique. Vous avez des associations, des syndicats et des partis politiques qui sont représentés ici", a-t-il dit.

"Pour lui, le traité, c'était une formalité, c'était réglé. Et maintenant, il va prendre conscience du fait que non, qu'en France comme dans le reste de l'Europe, il y a une opposition structurée à ce traité et aux politiques d'austérité", a-t-il ajouté.

Les députés français commenceront mardi l'examen du projet de loi autorisant la ratification du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l'Union économique et monétaire (TSCG).

Le groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR), qui rassemble notamment les députés du Front de gauche, mais aussi les élus écologistes et quelques députés socialistes sont hostiles à la ratification du texte.

Mais l'immense majorité du groupe PS ainsi que les élus radicaux de gauche y sont favorables, de même que le groupe centriste et une large majorité du groupe UMP.

Les députés se prononceront par un vote solennel le 9 octobre sur ce texte que le Sénat examinera à son tour vers le 20 octobre.

Adopté en mars par 25 des 27 membres de l'UE, le TSCG renforce les dispositions destinées à faire appliquer la discipline budgétaire. Il oblige notamment ses signataires à plafonner leur déficit structurel à 0,5% du PIB sous peine de sanctions.

Toujours en vertu de ce traité, un Etat en déficit excessif devra fournir un plan de réformes structurelles soumis à l'approbation du Conseil européen.

Lucien Libert; édité par Patrick Vignal


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