Jean-Christophe Lagarde engage des discussions avec Fillon

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Le président de l'Union des démocrates indépendants (UDI), Jean-Christophe Lagarde, a entamé mercredi des discussions avec le candidat de la droite à l'élection présidentielle, François Fillon, pour tenter de trouver un terrain d'entente.

Mais une composante du parti centriste, Le Nouveau Centre, et son extension "Les Bâtisseurs de l'UDI", dirigés par des rivaux de Jean-Christophe Lagarde, Hervé Morin et Maurice Leroy, lui disputent le statut de principal allié du dirigeant des Républicains (LR).

François Fillon, plébiscité dimanche au second tour de la primaire de la droite malgré un programme jugé "radical", a reçu Jean-Christophe Lagarde pendant un peu plus d'une heure.

Le bureau exécutif de l'UDI a donné mardi à ce dernier mandat de chercher un accord sur "un projet législatif et de gouvernance commun".

"François Fillon m'a réitéré son souhait de pouvoir rassembler le centre derrière sa candidature", a déclaré Jean-Christophe Lagarde à Reuters. "Je lui ai indiqué qu'il fallait qu'on prévoie une méthode de travail pour pouvoir regarder le projet, le préciser, l'amplifier sur certains sujets."

Il a cité l'Europe, l'emploi, la protection sociale et l'environnement, ainsi que la réforme des retraites, pour lequel l'UDI voudrait notamment introduire l'idée d'une mise en place progressive d'un système par points.

"Nous ne demandons pas aux Républicains de se renier et François Fillon ne nous le demande pas non plus", a souligné Jean-Christophe Lagarde, selon qui des divergences pourront subsister même en cas d'accord.

Selon le dirigeant centriste, la suppression de 500.000 postes de fonctionnaires en cinq ans, un des points les plus controversés du projet de François Fillon, n'a pas été abordée.

"Mais il faudra là aussi regarder comment, en pratique, il considère que cela pourrait se faire", a-t-il dit. "On ne voit pas comment le réaliser (...) Et en même temps il y a des domaines (...) où on a besoin d'accroître notre effort."

MORIN ET LEROY VEULENT UN CONGRÈS

Des représentants des deux partis discuteront ces deux prochaines semaines des thèmes mis sur la table. Une délégation politique de l'UDI rencontrera ensuite François Fillon pour faire le point. Selon Jean-Christophe Lagarde, cependant, aucune date buttoir n'a été fixée.

Il a assuré que la question des investitures pour les législatives de juin 2017 et celle des postes qui pourraient être confiés à l'UDI au gouvernement en cas de victoire de François Fillon en mai n'avaient pas été abordées.

Celle des investitures sera "évidemment" discutée à un moment donné. "Mais nous sommes convenus que nous traiterons cela ultérieurement", a dit le président de l'UDI. "La question est d'abord de savoir comment on gagne la présidentielle."

Quant à la répartition des portefeuilles, "cela viendra dans le cadre des discussions sur les équilibres au sein d'une majorité mais il ne peut pas y avoir d'équilibre pour les postes s'il n'y a pas d'équilibre sur les idées", a-t-il ajouté.

Jean-Christophe Lagarde, qui avait soutenu Alain Juppé au premier tour de la primaire de la droite, assure que les défections de militants et de cadres de l'UDI vers le mouvement "En Marche !" d'Emmanuel Macron, sont "extrêmement marginales".

Le bureau exécutif de l'UDI a suspendu mardi de leurs fonctions les responsables de sa composante jeunes, qui ont annoncé leur ralliement à l'ex-ministre de l'Economie après la victoire de François Fillon à la primaire.

Le Nouveau centre et les "Bâtisseurs de l'UDI", qui avaient en revanche apporté leur soutien à François Fillon dès l'entre-deux-tours de la primaire de la droite, tentent pour leur part de prendre Jean-Christophe Lagarde de vitesse.

Maurice Leroy et Hervé Morin, qui avait soutenu Bruno Le Maire au premier tour de la primaire à droite, ont annoncé mardi leur intention de réunir un congrès extraordinaire pour créer une nouvelle force politique et "rebâtir un centre fort, audible et uni" derrière le candidat de la droite.

"On n'a pas vocation à rentrer dans un gouvernement pour en sortir deux ans plus tard pour des raisons de stratégie politique", a déclaré Hervé Morin sur LCI.

L'ancien ministre François Sauvadet, co-fondateur et vice-président de l'UDI, qui avait soutenu l'ancien chef de l'Etat Nicolas Sarkozy au premier tour de la primaire à droite, comme Maurice Leroy, a lancé un appel à l'unité du parti.

"Nous devons tous nous rassembler derrière François Fillon", écrit-il dans un communiqué. "Est-ce qu'au moment où chacun doit se rassembler autour de notre candidat, nous allons donner, à l'UDI, le triste spectacle d'une nouvelle division (...) pour des questions de pouvoir et d'ambitions personnelles ?"

François Sauvadet dit sa crainte que ces querelles ne précipitent des militants de l'UDI vers d'autres candidats, sous-entendu, notamment, Emmanuel Macron.

(avec Sophie Louet, édité par Gérard Bon)


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