Hausse rétroactive du gaz, réflexion sur les

par Benjamin Mallet

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a annoncé mardi qu'il envisageait une "réforme structurelle" des tarifs de l'énergie après l'annulation par le Conseil d'Etat d'un gel des tarifs du gaz décidé par le précédent exécutif.

L'arrêté annulé par le Conseil d'Etat a gelé les tarifs réglementés de GDF Suez applicables aux clients résidentiels et aux petits clients professionnels du 1er octobre au 31 décembre 2011.

La juridiction administrative a en outre imposé au nouveau gouvernement d'appliquer une hausse rétroactive de la facture déjà payée par les clients.

Cette hausse devrait être comprise entre 8,8% et 10% selon les types de tarifs pour répercuter l'augmentation des coûts d'approvisionnement en gaz naturel de GDF Suez, d'après les calculs fournis par la Commission de régulation de l'énergie (CRE) à l'automne dernier.

Le Conseil d'Etat, saisi notamment par le groupe industriel, "enjoint donc aux ministres chargés de l'économie et de l'énergie de prendre, dans un délai d'un mois, un nouvel arrêté fixant une évolution des tarifs conforme aux principes énoncés dans sa décision", a-t-il précisé dans un communiqué.

Cette décision intervient alors que le gouvernement a décidé de limiter la hausse des tarifs du gaz et de l'électricité pour les ménages à 2% le 1er août, s'exposant à un nouveau recours de l'énergéticien, dont il détient pourtant 36% du capital.

La ministre de l'Energie, Delphine Batho, a réagi en faisant valoir dans un communiqué que "les Français (devraient) supporter une facture différée qui est l'héritage du précédent quinquennat".

"Le gouvernement veillera toutefois à ce que les opérateurs mettent tout en oeuvre pour que l'impact social de cette facture différée soit le plus limité possible et le plus étendu dans le temps afin d'être soutenable", a-t-elle ajouté.

Le gouvernement a en outre décidé "de travailler, en concertation avec le Parlement, à une réforme structurelle des tarifs de l'énergie", a encore indiqué la ministre.

"Ce travail aboutira dans les meilleurs délais à une révision des modes de fixation des tarifs réglementés, ainsi qu'à des mesures rapides concernant la lutte contre la précarité énergétique."

Le gouvernement avait déjà fait part de son intention d'instaurer des tarifs de l'énergie progressifs distinguant les consommations essentielles et celles de confort.

L'ACTION GDF SUEZ RESTE DANS LE ROUGE

Le juge des référés du Conseil d'Etat, alors saisi par les concurrents de GDF Suez, avait déjà suspendu fin novembre le gel des tarifs du gaz pour les particuliers décidé par le gouvernement de François Fillon.

Cette décision avait contraint l'exécutif à finalement annoncer une hausse généralisée de tarifs du gaz de 4,4% au 1er janvier, après le gel du 1er octobre au 31 décembre 2011.

Sur cette période, GDF Suez a estimé que le gel des tarifs du gaz en France lui avait coûté près de 290 millions d'euros de manque à gagner.

Saisi à la fois par les concurrents de GDF Suez et par l'opérateur historique, dont l'Etat détient 36% du capital, le Conseil d'Etat s'est prononcé mardi dans un contexte où le gouvernement vient de limiter la hausse des tarifs de l'énergie à l'inflation, soit 2,0%.

Or, GDF Suez avait transmis une première demande de hausse de l'ordre de 5% avant, selon la presse, de revoir ses exigences à la baisse en demandant une augmentation limitée à 4,1%.

L'actuelle formule de calcul des tarifs du gaz permet une plus grande prise en compte des prix de marché que la précédente -et doit donc actuellement permettre de modérer les hausses-, mais les coûts du gaz importé en France restent majoritairement indexés sur le pétrole.

"Il reviendra à l'avenir au gouvernement, s'il estime que la formule tarifaire aboutit à des évolutions qu'il n'estime pas correctes, de modifier celle-ci ; mais tant qu'elle est en vigueur, il doit l'appliquer, pour ne pas fausser les règles de la concurrence", a souligné le Conseil d'Etat.

Lorsque les ministres révisent les tarifs réglementés de vente de gaz naturel, a-t-il ajouté, ils doivent "s'assurer que le niveau des tarifs ainsi fixé permet de couvrir le coût moyen complet de fourniture du gaz naturel, tel qu'il est déterminé par l'application de la formule tarifaire (...)".

GDF Suez s'est de son côté refusé à tout commentaire.

A la Bourse de Paris, l'action du groupe perdait 0,83% à 17,85 euros vers 16h20, enregistrant la deuxième plus forte baisse du CAC 40 après être brièvement passée dans le vert dans les minutes suivant l'annonce du Conseil d'Etat.

Edité par Jean-Michel Bélot


read below for restriction ©2013 Reuters  Reuters

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit? Connectez-vous!

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes!

 
Forums
Valeurs les plus actives
  • Alcatel-LucentAcitivité: 10
  • PeugeotAcitivité: 10
  • France TelecomAcitivité: 7
  • BNP ParibasAcitivité: 5
  • CAC 40Acitivité: 4
  • Dow Jones IndustrialAcitivité: 4
  • AlstomAcitivité: 3
Sujets à la une
  • Fiscalité : 12.000 foyers imposés à plus de 75% et 8.000 à plus de 100% ! 44
  • Marine Le Pen prononce la mort du "front républicain" 24
  • L'Allemagne 21e à l'Eurovision? C'est la faute de Merkel! 24
  • Pierre Moscovici ne se voit pas comme un ministre en sursis 16
  • Tous les forums
Documentation des partenaires
  • Cortal Consors, pionnier de la Bourse en ligne
  • Citi - Abonnement gratuit aux emails quotidiens Warrants & Certificats
  • Abonnez-vous gratuitement aux publications et services BNP Paribas Produits de Bourse !
  • BINCK.FR - Expert de la bourse en ligne
  • Fortuneo : Banque en ligne moins chère
Cortal Consors