Enquête préliminaire sur la plainte d'Hermès contre LVMH

PARIS (Reuters) - Une enquête préliminaire de police a été ouverte en début de semaine par le parquet de Paris après la plainte de Hermès contre LVMH visant les conditions d'entrée du géant mondial du luxe dans son capital, a-t-on appris vendredi au bureau du procureur.

La procédure a été confiée à la brigade financière, a-t-on déclaré à Reuters, confirmant une information de Challenges.fr. Les faits visés par Hermès sont "manipulation de cours, délit d'initié, complicité de délit d'initié".

LVMH n'a pas souhaité commenter l'information. Personne n'a pu être joint chez Hermès dans l'immédiat.

Il s'agit pour le parquet de procéder à de simples "vérifications", précise-t-on au bureau du procureur. L'Autorité des marchés financiers (AMF, le "gendarme" administratif de la bourse) mène sa propre enquête parallèle sur la régularité de l'opération.

Son président Gérard Rameix a paru considérer le 2 octobre sur BFM Business que les délits n'existaient pas. "La réponse est-elle non ?", lui avait-on demandé à ce propos. "Oui, on peut dire ça", avait-il répondu.

A l'issue de l'enquête de police, le parquet pourra soit ouvrir une information judiciaire confiée à un juge indépendant, soit classer l'affaire sans suite. Le procureur François Molins s'appuiera sur l'avis de l'AMF qu'il a déjà saisie.

LVMH, numéro un mondial du luxe, qui détient à ce jour 22,6% du capital du sellier, avait fait irruption chez son concurrent en octobre 2010, à la surprise générale, en y prenant d'abord une participation de 17%.

Cette opération s'était faite sans déclaration de franchissement de seuil auprès de Hermès comme de l'Autorité des marchés financiers (AMF), LVMH ayant eu recours à des achats d'instruments financiers avec un dénouement en numéraire qui n'étaient, alors, pas obligatoires dans la législation boursière.

Seuls les instruments financiers dont le règlement était effectué en actions étaient pris en compte par les règles sur les franchissements de seuils.

Cette guerre entre les deux géants du luxe s'envenime au fil des mois.

LVMH, dirigé par Bernard Arnault, l'homme le plus riche de France et quatrième fortune mondiale, a riposté en déposant à son tour une plainte contre Hermès pour chantage, dénonciation calomnieuse et concurrence illicite.

Bernard Arnault se voit prêter des visées de monopole sur les grandes marques du luxe français.

Ulcérés par l'intrusion jugée hostile de LVMH, les actionnaires familiaux de Hermès ont riposté en sanctuarisant une majorité du capital du groupe dans une holding non cotée, dénommée H51, après y avoir été autorisés par la cour d'appel de Paris en septembre 2011.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse


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