Deux offres pour le site d'"Hollywood-sur-Garonne"

par Jean Décotte

TOULOUSE (Reuters) - La préfecture de Toulouse a annoncé vendredi avoir reçu deux offres pour les terrains d'un ancien aérodrome militaire où un architecte local souhaite implanter des studios de cinéma, un projet rebaptisé par certains "Hollywood-sur-Garonne".

Bruno Granja, qui projette de créer un complexe cinématographique sur la base de Francazal, au sud-ouest de la Ville Rose, a déclaré avoir déposé cette semaine son dossier de candidature.

Il a réaffirmé que ces installations permettraient de créer environ 5.000 emplois directs à l'horizon 2019.

En avril, l'Etat avait décidé de déclassifier une partie de la base militaire et de permettre la mise en vente de 25 hectares pour des projets à "vocation culturelle". Les candidats au rachat avaient jusqu'à 16h00 ce vendredi pour déposer leurs offres détaillées.

Dans un communiqué transmis en fin d'après-midi, la préfecture de Toulouse annonce avoir reçu deux offres "en vue de la cession des terrains dits Francazal Sud (superficie de 25 hectares à vocation économique et culturelle)".

Un premier examen mardi permettra de déterminer si les dossiers sont recevables ou non, ajoute la préfecture, sans donner de date pour le choix final ni préciser l'identité des candidats.

"(Notre) dossier répond en tous points aux objectifs de l'Etat, en termes de création d'emplois, en termes de culture, de formation", a déclaré à Reuters Bruno Granja.

"Il répond aussi à un besoin au niveau de l'industrie cinématographique. Ce projet est crédible et viable et des 'business plan' ont été établis, qui ont été contrôlés, audités, en partant sur des hypothèses pessimistes."

Bruno Granja a dit s'attendre à une réponse de l'Etat début 2013 et prévoit qu'en cas d'acceptation, les premiers tournages pourraient débuter mi-2016.

En avril, il avait évoqué la date de 2013-2014 pour les premiers tours de manivelle mais la lenteur du processus administratif l'a contraint à "décaler le programme".

NEUF PLATEAUX DE TOURNAGES

La direction des studios Raleigh, qui se présentent comme les premiers studios indépendants aux Etats-Unis, s'est rendue cette semaine à Toulouse pour réaffirmer son soutien au dossier, a souligné l'architecte toulousain.

"Ils appuient très fortement ce projet. Ils ont confirmé leur volonté de travailler avec nous et de développer ce projet", a ajouté celui qui est désormais président du Studio Toulouse Francazal (STF), entreprise qui a vocation à devenir la société d'exploitation du site.

Icade, filiale de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), est le partenaire immobilier du projet.

Bruno Granja a refusé de dévoiler le montant total de l'investissement nécessaire pour implanter ces studios, tout en indiquant que chiffre serait "dans le même ordre d'idées" que les 100 millions d'euros évoqués en avril.

Un communiqué de presse de STF évoque "80 millions d'euros de coûts de construction sur la partie professionnelle" du projet.

Sur les 25 hectares concernés, l'architecte du projet Laurent Portejoie prévoit en effet la création de neuf plateaux de tournage de grande taille, un espace de tournage à ciel ouvert aménageable, ainsi que des ateliers, des bureaux, des structures hôtelières ou encore des restaurants.

Quelque 1.500 à 3.500 m2 de studios couverts devraient sortir de terre si le projet voit le jour, a-t-il souligné, et le château d'eau de la base militaire serait conservé pour devenir l'emblème des studios, à l'instar de celui de la Warner à Hollywood.

"COMPLÉMENTAIRE" AVEC "HOLLYWOOD-SUR-SEINE"

Le site de Francazal est en grande partie désaffecté depuis 2010. Depuis janvier 2011, les pistes de l'aérodrome sont exploitées pour l'aviation d'affaires.

L'an dernier, les studios Raleigh, qui ont contribué à la réalisation des films comme "Avatar", "Transformers", "Iron Man" ou "Twilight", ou de séries comme "Les Experts Miami", avaient fait part de leur intérêt pour une partie de la base.

Outre sa situation géographique, proche des Pyrénées, de l'Espagne et de la Méditerranée, Francazal dispose d'une large surface disponible et de pistes d'aviation facilitant les transferts.

Bruno Granja a rejeté les critiques selon lesquelles ce projet toulousain peinerait à trouver sa place face à la Cité du cinéma inaugurée en septembre par le cinéaste Luc Besson en Seine-Saint-Denis - déjà rebaptisée "Hollywood-sur-Seine".

Implanté sur le site d'une ancienne centrale électrique à Saint-Denis, près de Paris, ce complexe de 6,2 hectares rassemble neuf studios de tournage, des ateliers de fabrication de décor, des bureaux, une salle de projection et une école de cinéma.

"Nous avons des équipements complémentaires, nous ne proposons pas les mêmes choses que Luc Besson", assure Bruno Granja.

"Nous avons des plateaux plus grands, des décors en extérieurs, tout un tas de services que ne propose pas la Cité du cinéma", fait-il valoir.

édité par Yann Le Guernigou


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