PARIS (Reuters) - La "grande conférence" lancée ce lundi sera un "test" de la méthode du gouvernement pour développer le dialogue avec les partenaires sociaux afin d'engager des réformes à même de relancer l'emploi et l'économie, a déclaré le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.
L'objectif de ces deux jours de travaux est d'établir un calendrier de réformes, notamment sur le marché du travail et le financement de la protection sociale, et de s'accorder sur des mesures d'urgence contre le chômage, en hausse depuis un an.
Les partenaires sociaux en appellent sur ce point à l'Etat, même si certains soulignent que la faible croissance et les pressions pour réduire le déficit public limitent ses marges de manoeuvre.
"C'est une méthode nouvelle (...) et cette méthode est mise à l'épreuve aujourd'hui, c'est un test, mais il a été minutieusement préparé", a dit Jean-Marc Ayrault à son arrivée au palais d'Iéna, siège du Conseil économique, social et environnemental à Paris.
"Il ne s'agit pas que la montagne accouche d'une souris, il s'agit que l'on puisse partager une ambition", a-t-il ajouté, repoussant les critiques sur le peu de mesures immédiates attendues.
Parmi les principaux défis : améliorer la compétitivité des entreprises et gérer l'impact sur les rémunérations des fonctionnaires du gel annoncé de la masse salariale de l'Etat.
La loi interdisant les "licenciements abusifs" dans les entreprises rentables, qui pourrait voir le jour avant fin 2012, selon le ministre du Travail, Michel Sapin, risque d'être une autre pomme de discorde.
SITUATION SOCIALE "CATASTROPHIQUE"
Pour François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, l'objectif est de se mettre d'accord sur un diagnostic et de "décider des réformes qu'on va mettre en place dans les mois qui viennent, en particulier du calendrier de négociation avec une priorité qui est celle de la situation de l'emploi".
"On sait très bien que la situation des finances de l'Etat est très difficile, en même temps on a une situation sociale qui devient catastrophique, le niveau du chômage est insupportable", a-t-il ajouté sur France 2.
"Il faut des mesures immédiates" pour insérer les jeunes dans l'emploi et travailler aux défis de long terme, a-t-il poursuivi. "Il faut faire les deux : on ne peut pas se contenter des mesures d'urgences."
Selon la présidente du Medef, Laurence Parisot, "si à l'issue de ces deux journées, il y a des orientations, des objectifs qui sont clairement définis et une méthode de travail pour atteindre ces objectifs, eh bien ce sera un sommet réussi".
Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a plaidé dès son arrivée au palais d'Iéna pour des mesures rapides .
"Il faut des engagements sur le moyen terme mais il faut aussi des décisions concrètes", a-t-il dit. "Il y a une situation suffisamment urgente pour que sur un certain nombre de domaines, le gouvernement ne tergiverse pas ou ne se fasse pas asphyxier par l'attitude patronale."
L'ancien ministre du Travail, l'UMP Eric Woerth, a pressé le gouvernement de ne pas se contenter de débattre. "La France n'a pas le temps, les autres pays décident, nous avons besoin de décider", a-t-il dit sur France Info.
Plus de 200 représentants des syndicats et du patronat seront réunis autour de sept tables rondes.
L'emploi, la formation, les rémunérations, l'égalité professionnelle et la vie au travail, le "redressement productif", l'avenir de la protection sociale et des retraites, et la modernisation de l'action publique seront abordés.
Julien Ponthus, avec Jean-Baptiste Vey, édité par Patrick Vignal
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