par Benjamin Mallet
PARIS (Reuters) - L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) annonce que certaines opérations de coulage de béton du réacteur
nucléaire de nouvelle génération EPR à Flamanville (Manche) ont été suspendues le 21 mai en raison d'"anomalies" révélatrices
d'un "manque de rigueur".
EDF, qui a démarré début décembre 2007 les travaux de construction des bâtiments de la future centrale, a indiqué qu'il
travaillait sur les mesures à mettre en oeuvre pour répondre aux demandes de l'ASN, sans toutefois fournir de date précise pour
la reprise des travaux.
"L'ASN a constaté depuis le début de l'année des anomalies sur le chantier de construction de l'EPR. Ce n'est pas anormal sur
un chantier de cette taille et l'ensemble de ces anomalies sont identifiées, analysées, et font l'objet d'un traitement", a déclaré à
Reuters Thomas Houdré, chef de la division de Caen de l'ASN.
Le bétonnage a été suspendu sur des secteurs "importants pour la sécurité du futur réacteur", a-t-il précisé, citant l'îlot
nucléaire et la station de pompage, avec principalement des problèmes d'armatures en fer.
"L'ASN considère que, techniquement, ces anomalies ne posent pas de problème en ce qui concerne la qualité de la réalisation
de l'ouvrage puisqu'elles font l'objet d'un traitement, lui-même analysé par l'ASN et considéré comme satisfaisant. Elles
illustrent toutefois un manque de rigueur jugé inacceptable par l'ASN", ajouté Thomas Houdré.
La centrale EPR de Flamanville, actuellement construite par EDF, doit être mise en service en 2012. Le chantier rassemble
tous les acteurs de la filière nucléaire française en particulier Bouygues, Areva et Alstom.
L'autorité a ainsi demandé à EDF de renforcer la rigueur et la "culture de sûreté" sur le chantier. A titre d'exemples, Thomas
Houdré a cité le renforcement des contrôles des entreprises intervenant sur le chantier et de la surveillance exercée par EDF.
Bernard Salha, directeur de l'ingénierie nucléaire d'EDF, a pour sa part déclaré à Reuters : "Nous avons constaté des écarts
mineurs sur le ferraillage. La correction de ce défaut, qui est sans incidence sur la sûreté, va être opérée et les mesures de
contrôle de la construction vont être renforcées."
"L'autorité de sûreté a pointé une insuffisance du contrôle que nous exerçons. Nous sommes en train de définir des mesures de
renforcement de ces contrôles de la construction et nous allons transmettre dans les jours à venir ces mesures à l'Autorité de
sûreté nucléaire", a-t-il ajouté.
"Ces mesures peuvent être un renforcement de personnel, de la formation sur la qualité et également sur la sûreté", a précisé
Bernard Salha, soulignant que le système de contrôle d'EDF avait lui-même mis en évidence les anomalies pointées par l'ASN.
"Le chantier est aujourd'hui à l'heure. Nous sommes tout au début d'un chantier qui va durer 54 mois, jusqu'en 2012. On a des
écarts sur un tel chantier, des incidents très mineurs, c'est la vie industrielle réelle. Il est très largement prématuré d'évoquer à
ce stade un retard potentiel sur la livraison finale de notre ouvrage", a-t-il ajouté.
read below for restriction ©2012 Reuters


