FRANCFORT (Reuters) - Commerzbank a publié mercredi un bénéfice net inférieur aux attentes au titre du premier trimestre qu'elle impute notamment à un ralentissement des activités de trading ainsi qu'à l'impact de la procédure d'échange de dette grecque.
Le deuxième établissement bancaire allemand a par ailleurs prévenu que la crise de la dette souveraine européenne continuerait de peser sur ses résultats.
"Le degré élevé d'incertitude associé à la crise de la dette souveraine européenne restera un défi pour les revenus de la banque", a déclaré le nouveau directeur financier du groupe Stephan Engels.
Commerzbank a redit viser un bénéfice d'exploitation solide en 2012 dans son coeur de métier, qui comprend le prêt aux entreprises, la banque privée, la banque d'investissement et ses filiales d'Europe de l'Est.
Cela n'inclut pas sa filiale de financements adossés à des actifs, qui a perdu 4 milliards d'euros en 2011, principalement en raison de la débâcle du spécialiste du crédit immobilier Eurohypo.
Le bénéfice net est ressorti en baisse de 63% à 369 millions d'euros. Les analystes interrogés par Reuters tablaient sur 416 millions.
Outre les difficultés de la banque dans le trading et l'échange de dette grecque, le fort repli du bénéfice enregistré au cours des trois premiers mois de 2012 s'explique par l'absence cette année d'éléments exceptionnels, contrairement à ce qui s'était passé au premier trimestre 2011.
"En dépit des difficultés perceptibles sur les marchés, nous avons réalisé un solide début 2012, et nous avons non seulement rempli en avance les objectifs de l'ABE, mais nous les avons surpassés", a déclaré le président du directoire de Commerzbank, Martin Blessing, dans un communiqué.
Le directeur financier a précisé que la banque avait comblé avant la fin du délai de rigueur un déficit de fonds propres de 5,3 milliards d'euros qui résultait des critères imposés par l'Autorité bancaire européenne.
"Commerbank est déjà bien préparée pour les critères prudentiels définis par les accords de Bâle III", a assuré Stephan Engels.
Si certaines de ses concurrentes, comme Deutsche Bank, Barclays ou BNP Paribas ont dit avoir enregistré une forte hausse de leurs résultats dans la BFI, ceux de Commerzbank ont plongé de 88% à 30 millions d'euros.
Au contraire, la division Mittelstandsbank, spécialisée dans le crédit aux entreprises, a vu son bénéfice d'exploitation progresser de 12,5% à 487 millions d'euros.
Arno Schütze, Nicolas Delame pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat
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