Alcatel-Lucent à nouveau en perte au 3e trimestre

par Gwénaëlle Barzic et Leila Abboud

PARIS (Reuters) - L'équipementier Alcatel-Lucent a publié vendredi une perte d'exploitation pour le deuxième trimestre d'affilée, pénalisé par le recul des investissements des opérateurs télécoms qui affecte l'ensemble du secteur.

Le groupe franco-américain, dont la consommation de trésorerie inquiète le marché, a indiqué étudier plusieurs options pour renforcer son bilan, y compris des cessions d'actifs.

A la Bourse de Paris, le titre a chuté de plus de 9% à l'ouverture et perdait encore 5,7% à 0,777 euro à 09h28. Alcatel-Lucent est le titre qui fait l'objet du plus grand nombre de positions courtes("short") de l'indice CAC 40, selon des données de Markit, ce qui le rend particulièrement volatil.

Comme les autres équipementiers, la société, qui a engagé un plan de restructuration incluant près de 5.500 suppressions d'emplois, souffre du ralentissement des dépenses de ses clients opérateurs sur fond de conjoncture difficile alors que la guerre des prix continue de faire rage dans le secteur.

Le numéro un du secteur, Ericsson a, lui, subi une chute de 42% de son résultat brut opérationnel au troisième trimestre et annoncé de nouvelles réductions de coûts pour préserver ses activités du ralentissement économique.

Même les équipementiers asiatiques, qui ont gagné des parts de marché grâce à leur politique de prix agressive, ne sont pas épargnés. Le chinois ZTE, a ainsi annoncé le mois dernier sa première perte trimestrielle depuis son entrée à la Bourse de Hong Kong en 2004.

"En dépit d'un cours de Bourse reflétant en grande partie les inquiétudes sur la liquidité, à une décote sensible par rapport à notre estimation de la valeur de liquidation de la société, nous recommandons de rester éloigné du titre car la performance d'Alcatel-Lucent va probablement continuer à se dégrader au prochain trimestre", commente Pierre Ferragu, analyste à Sanford C. Bernstein.

Au troisième trimestre, Alcatel-Lucent a amplifié sa perte d'exploitation ajustée à 125 millions d'euros, contre un creux de 31 millions au deuxième trimestre et un bénéfice de 149 millions lors de la même période l'an dernier.

Son chiffre d'affaires s'est par ailleurs établi à 3,599 milliards d'euros, en baisse de 2,8%, tandis que son résultat net est ressorti dans le rouge à -146 millions.

Les analystes tablaient en moyenne sur un chiffre d'affaires de 3,51 milliards d'euros et une perte nette de 104 millions, selon Thomson Reuters I/B/E/S.

MESURES À L'ÉTUDE POUR RENFORCER LE BILAN

Le groupe a souffert principalement de la dégringolade de 15% de son activité en Europe tandis que l'Amérique du Nord et l'Asie ont connu un ralentissement.

Alcatel-Lucent a cependant confirmé viser pour le deuxième semestre une marge d'exploitation supérieure à celle du premier (-3,7%), à la faveur d'un quatrième trimestre qui devrait s'améliorer par rapport aux trois mois précédents du point de vue du marché, a indiqué le directeur général Ben Verwaayen lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes.

Il a souligné que le programme de réductions de coûts était en bonne voie avec 450 millions d'euros d'économies réalisées sur un total de 1,25 milliard programmées d'ici à fin 2013.

Le groupe, qui souffre d'une consommation élevée de trésorerie depuis plusieurs années, a par ailleurs dit vouloir prendre des mesures pour améliorer son bilan.

Au troisième trimestre, la société a brûlé à nouveau 360 millions d'euros de trésorerie après 511 millions lors des trois mois précédents, ce qui préoccupe les investisseurs alors qu'Alcatel-Lucent devra rembourser environ 2,2 milliards d'euros de dette jusqu'en 2015, selon des estimations d'analystes.

"Nos échéances de dette sont réparties de manière équilibrée sur les trois prochaines années donc dans l'immédiat, il n'y a pas un mur de dette qui nous attend", a précisé le directeur financier Paul Tufano lors de la conférence téléphonique.

Le groupe étudie cependant différentes options parmi lesquelles une restructuration de sa dette ou une injection de liquidités, y compris par le biais de cessions d'actifs, a-t-il dit.

"Il nous reste encore des actifs que nous pouvons vendre", a expliqué le directeur financier. "Ils pourraient rapporter de bons niveaux de liquidités".

Prié de dire si un calendrier avait été fixé concernant les mesures destinées à renforcer le bilan de la société, il a répondu que le groupe étudiait "activement" différentes options, sans fournir plus de précision.

Edité par Jean-Michel Bélot


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