Achats record de dette française venant d'Asie, selon l'AFT

par Raoul Sachs et Leigh Thomas

PARIS (Reuters) - La part des acheteurs de dette souveraine française venant d'Asie et du Moyen-Orient atteint cette année le niveau record de 50%, a déclaré Philippe Mills, directeur général de l'Agence France Trésor (AFT), lors d'un entretien à Reuters.

Il a estimé que la dette française devrait continuer à bénéficier d'une "bonne demande" étant donné sa liquidité et les décisions du gouvernement en matière de maîtrise des finances publiques, de compétitivité et de réformes structurelles.

Philippe Mills a d'autre part réfuté des informations récentes selon lesquelles la Banque nationale suisse (BNS) aurait augmenté ses achats d'emprunts d'Etat français.

"Nous n'avons rien vu de notable depuis le début de l'année. La Suisse et notamment ses institutions publiques, est plutôt neutre en termes d'achats nets (de dette française) depuis le début de l'année", a dit le directeur de l'agence chargée de gérer la dette de l'Etat.

En revanche, "en termes géographiques, on a vu clairement un flux plus important venant d'Asie et du Moyen-Orient. Il s'agit du flux le plus important qu'on n'ait jamais vu en provenance de l'Asie depuis que ce reporting mensuel existe, c'est-à-dire depuis 2006", a-t-il souligné.

"Ce flux représentait jusqu'en 2012 20% à 40% des acheteurs nets de dette française, cette année il a atteint 50%."

Les investisseurs non résidents détiennent 63% de la dette négociable de la France, dont l'encours total atteint 1.380 milliards d'euros.

Nombre de professionnels de marché estiment que la France, malgré la perte de son triple A chez Standard & Poor's et Moody's, a bénéficié de ces flux acheteurs qui ont contribué à la chute de ses taux, donc à ses conditions de financement à des plus bas record.

"Vous avez des banques centrales et des fonds souverains de l'Asie et du Moyen-Orient qui sont vraiment des acheteurs très réguliers de dette française, qui l'ont été l'an dernier et qui ont continué à l'être cette année parce qu'ils ont confiance dans la solidité de la zone euro et dans les réformes qui sont mises en oeuvre pour en améliorer la gouvernance", a fait valoir Philippe Mills.

LIQUIDITÉ ET FAIBLE VOLATILITÉ

"C'est aussi des gens pour qui la France est une signature de qualité et c'est une dette qu'ils regardent de façon préférentielle avec la dette allemande au sein de la zone euro."

Selon lui, ce type d'investisseurs n'est pas très sensible au taux ni au prix : "Ce qui les intéressent, c'est la fiabilité du crédit, c'est la liquidité et la faible volatilité de la dette. A cet égard, la dette française fait partie des meilleures."

Si les banques centrales recherchent habituellement des titres de maturités moyennes ou courtes, elles sont allées plus loin sur la courbe des taux cette année "parce qu'évidemment elles recherchent aussi un peu de rendement".

"On les a vues étendre leurs maturités à partir de 2012. Clairement au-delà de 5 ans, on est même au-delà de 7 ans", a constaté Philippe Mills.

Dans l'ensemble, la demande soutenue de papier souverain français est venue de toutes les catégories d'investisseurs : "C'est venu de tous les côtés. Il y a eu plus d'asset managers qui nous ont achetés, il y a eu plus de trésoriers de banques commerciales, un peu plus d'assureurs, plus de fonds de pension."

Philippe Mills a par ailleurs indiqué que depuis l'annonce que l'AFT avait procédé à fin septembre à 17 milliards d'euros de rachats de dette de moyen et long terme arrivant à maturité en 2013 afin d'en alléger les remboursements, ces rachats ont continué. Mais il a refusé d'en préciser le montant.

"Je ne peux pas donner de chiffres précis pour l'instant. Ce que je peux vous dire, c'est qu'il y a plus de 17 milliards de rachats" (à échéance 2013 et 2014), a-t-il dit. "Je vous confirme qu'on sera en fin d'année, comme prévu, à 178 milliards d'euros d'émissions de dette à moyen et long terme, nettes des rachats."

"On a fait 196,7 milliards d'euros d'émissions brutes à fin novembre."

Prié de dire si ces chiffres laissent supposer que l'adjudication optionnelle de décembre aura bien lieu, il a répondu : "C'est possible, c'est une option qui existe. Vous raisonnez de manière tout à fait correcte."

L'annonce, quelle que soit la décision, sera faite vendredi, a-t-il ajouté.

Edité par Dominique Rodriguez


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