LYON (Reuters) - La future prison de la région lyonnaise, qui sera mise en service dans un an à Corbas (Rhône), est construite en partie par des détenus et des personnes placées sous contrôle judiciaire, dans le cadre d'un projet qui est présenté comme inédit par la préfecture.
Le chantier fait l'objet d'un partenariat entre le groupe de BTP Eiffage et le ministère de la Justice, qui prévoit que 10% des personnes employées sur le chantier devront être des détenus en semi-liberté, des personnes sous contrôle judiciaire ou des chômeurs de longue durée.
Trois autres prisons sont actuellement construites avec ce dispositif, à Roanne, Béziers et Nancy. A Corbas, 19 personnes ont été recrutées dans le cadre de cette clause des "10%".
Au cours d'une visite du chantier mardi en présence de la presse, le préfet du Rhône, Jacques Géraud, a souhaité étendre cette forme d'insertion des détenus à d'autres secteurs d'activités que le BTP, "dans le secteur du développement durable et de l'environnement, par exemple en leur faisant réaliser des balisages de sentiers de randonnées".
"Quand on plante un arbre, on construit quelque chose, on aura moins envie de détruire et quand on travaille dehors, on est obligé de respecter des horaires", a-t-il dit à la presse. "L'objectif est de sortir un maximum de détenus des prisons.
La prison de Corbas remplacera les prisons vétustes de Saint-Paul, Saint-Joseph et Montluc, dans le centre de Lyon.
Présentée comme une "prison "modèle", elle pourra accueillir 690 détenus, dont 60 femmes. Le quartier des femmes sera équipé de trois cellules avec nursery pour accueillir des mères avec leurs enfants.
La futur maison d'arrêt comptera un centre médico-psychologique de 30 cellules, 1.600 m2 d'atelier de formation et d'activité, des salles de classe, une bibliothèque, une salle informatique, un gymnase et une salle de sport.
Un bâtiment équipé d'un restaurant est construit à l'extérieur de l'enceinte avec des parloirs où des réunions familiales seront autorisées.
Le programme de construction de prisons vise à régler l'état de surpopulation des lieux de détention en France, qui est à un niveau historique avec 61.289 détenus pour environ 50.000 places au 1er août dernier.
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