(Boursier.com) -- La réunion du Comité de politique monétaire de la Fed le 18 septembre est désormais fébrilement attendue. A quatre jours, mais seulement deux séances de bourse, du verdict monétaire, les investisseurs estiment majoritairement que la Fed de Ben Bernanke devrait décider au moins d'une baisse du taux des fonds fédéraux de 25 points de base, à 5%.
La tâche de la Fed s'annonce délicate, et la Banque devra faire preuve d'une grande psychologie pour ne pas heurter les marchés. Ainsi, un nouveau statu quo monétaire serait probablement bien mal perçu compte tenu de la crise actuelle du marché immobilier et mortgage aux Etats-Unis, et des tensions sur le marché du crédit. A l'inverse, une baisse trop prononcée des taux pourrait être perçue comme l'aveu de menaces économiques graves sur l'expansion américaine. Enfin, quelle que soit sa décision, la Fed devra soigner son communiqué monétaire en nuançant son propos, afin de ne pas inquiéter à l'excès concernant les risques sur la croissance.
Hier, dans une interview qui a fait grand bruit à Wall Street, Alan Greenspan, l'ex-Président de la Fed, saluait l'excellent travail de son successeur. Greenspan avouait qu'il n'avait pas mesuré l'ampleur des conséquences potentielles des pratiques "subprime" sur l'économie avant fin 2005 ou 2006. Greenspan aurait donc été un peu moins "visionnaire" que prévu, si l'on en croit ces modestes confidences de l'ex-premier homme de la Fed, qui peine à garder le silence ces derniers mois concernant l'économie américaine ou la politique de taux. D'ailleurs, concernant la politique monétaire, Alan Greenspan a rappelé que sa campagne de réduction des taux jusqu'en 2004 s'était produite dans un environnement d'inflation apaisée, sans crainte des pressions sur les prix. Désormais, la tâche de Ben Bernanke, nouveau dirigeant de la Banque, semble donc moins évidente à en croire Greenspan.
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