Stratégie : trop de pessimisme risque de nuire au 3ème trimestre ?

(Boursier.com) -- JP Morgan Asset Management profite de la première livraison de juillet de son étude hebdomadaire pour dresser la liste des thèmes d'investissement susceptibles d'être joués au cours des 3 à 6 prochains mois.

Le premier d'entre eux et la chute de l'inflation, généralisée dans les pays développés, dont le facteur le plus déterminant a été la chute des prix du pétrole. La gestion estime qu'il faudra probablement encore attendre la confirmation de cette tendance baissière de l'or noir pour assister à des effets stimulants sur l'activité économique. Le spécialiste estime en second lieu qu'il est possible de miser sur des politiques monétaires accommodantes coordonnées des banques centrales. La semaine dernière en est une bonne illustration, avec les baisses de taux de la BCE et de la Banque de Chine, et l'accroissement du programme de rachat de la Banque d'Angleterre. "Cependant, les marchés ont ignoré royalement ces évolutions, qui ont paradoxalement inquiété les investisseurs qui espéraient un assouplissement monétaire pour stimuler la hausse des indices boursiers", souligne JP Morgan, qui pense que la Chine va continuer à assouplir sa politique pour assurer un atterrissage "en douceur" de l'économie.

Le bureau d'études n'exclut pas non plus une reprise économique plus vigoureuse que prévu en 2012/2013, qui pourrait être alimentée par une politique de restockage. "Il semble désormais que les niveaux de stocks sont tombés à des niveaux probablement proches d'un point de bas de cycle, en particulier dans la zone euro. Le moindre restockage pourrait donner lieu à un redressement relativement rapide du cycle industriel. Si l'on ajoute à cela l'effet de la baisse des coûts de l'énergie, sans oublier l'impact des politiques monétaires accommodantes, la reprise économique pourrait être robuste", précise la gestion.

Dans la mesure où l'aversion au risque est toujours très importante et où le consensus est très pessimiste sur les anticipations économiques, les marchés pourraient être vulnérables à toute bonne nouvelle. David Shairp, le stratégiste de JP Morgan, rappelle à ce titre la situation de 1985 aux États-Unis, lorsque le secteur manufacturier américain avait subi un ralentissement marqué. La baisse du dollar qui avait suivi, le net repli des prix du pétrole et la baisse des taux de la Fed avaient alors contribué à "une reprise vigoureuse de l'économie américaine, ce qui a stimulé les exportations asiatiques". "Cette fois-ci l'environnement est clairement différent, les freins la croissance ne sont pas les mêmes. Les perspectives du dollar sont également plus délicates, mais certaines forces qui ont contribué à stimuler la croissance américaine sont peut-être de nouveau à l'oeuvre", explique-t-il avant de conclure "tout cela est peut-être un voeu pieux d'un vieillard optimiste, mais au troisième trimestre, il pourrait être dangereux être trop pessimiste".

A.B. - ©2012, 2013 www.boursier.com

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