(Boursier.com) -- Dans le sillage des places boursières, le baril de pétrole débute la semaine sous pression alors que les résultats des élections en France et en Grèce alimentent la spéculation sur de moindres efforts voire un abandon des mesures d'austérité. Les mauvais chiffres de l'emploi américain en fin de semaine dernière pèsent également sur les cours de l'or noir. Le "light sweet crude" pour livraison juin cède actuellement 1% à 97,5 dollars dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange. Un niveau plus observé depuis la fin décembre 2011.
"C'est une confluence de facteurs qui traînent les marchés du pétrole à la baisse" affirme à Bloomberg, Michael McCarthy, stratège en chef chez CMC Markets Asia Pacific à Sydney. "Les chiffres de l'emploi plus faibles qu'attendus et la faiblesse des indices PMI des services ont clairement secoué les marchés comme les résultats des élections grecques et françaises".
Les prix du pétrole pourraient tomber encore davantage avec le manque de conditions macroéconomiques et des fondamentaux baissiers, ajoute Hussein Allidina, directeur de la recherche des produits de base chez Morgan Stanley. Si la production de l'OPEP demeure inchangée, les stocks mondiaux de pétrole vont augmenter à des niveaux "supérieurs à la normale" au troisième trimestre, et l'offre de brut sera en moyenne de 813.000 barils par jour supérieure à la demande cette année. Les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole produisent environ 32,3 millions de barils par jour actuellement, selon les propos du secrétaire général du cartel début mai. Un chiffre qui dépasse le niveau des 30 millions de barils par jour décidé par l'OPEP lors de sa dernière réunion.
Par ailleurs, les Hedge-funds et autres grands spéculateurs ont fortement augmenté leurs paris sur une future hausse des prix du pétrole lors de la semaine close le 1er mai, selon la "Commodity Futures Trading Commission". Les positions spéculatives nettes longues ont ainsi bondi de 12%, soit la plus forte hausse depuis la semaine close le 14 février.
Sur le marché des devises, la monnaie unique redonne encore 0,6% face au billet vert à 1,30/$ entre banques ce lundi matin. Les investisseurs craignent que l'élection de François Hollande comme président de la République française ne débouche sur de nouvelles tensions franco-allemandes et ne remette en cause le rythme du désendettement de la France et de l'Europe, si l'accent est désormais mis en France sur une politique de relance de la croissance. En Grèce, l'effondrement des deux partis au pouvoir lors des législatives de dimanche et la montée des extrêmes va rendre très difficile la formation d'une nouvelle coalition gouvernementale, menaçant l'application du plan de désendettement et risquant d'aboutir à une sortie du pays de la zone euro...
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