(Boursier.com) -- Le métal jaune poursuit son ascension vers de nouveaux sommets historiques ce jeudi, dans une actualité favorable. La "relique barbare" continue à profiter pleinement de son statut de valeur refuge avec des craintes persistantes sur la vigueur de la reprise économique mondiale et un billet vert sous pression. Par ailleurs, les prévisions selon lesquelles les banques centrales deviendraient acheteuses nettes de lingots cette année, pour la première fois en deux décennies, signalent encore davantage l'intérêt grandissant des investisseurs pour le métal précieux.
Selon le cabinet de conseils spécialisé dans l'or, Gold Fields Mineral Services, ce changement marquerait une évolution considérable après les importantes cessions d'or réalisées par les banques centrales européennes au cours des 10 dernières années, période au cours de laquelle l'or était considéré comme un actif au rendement non attrayant. Les institutions monétaires préférant alors troquer leurs lingots contre de la dette souveraine. Si les achats nets effectués par les banques centrales restent relativement faibles, le changement est important par rapport à la dernière décennie, lorsque les banques centrales vendaient en moyenne 442 tonnes d'or par an, soit environ 10% de la demande totale en lingots. Selon le GFMS, les banques centrales pourraient ainsi acquérir environ 15 tonnes nettes de lingots cette année, une situation jamais vue depuis 1988.
Le changement d'attitude des banques centrales vis-à-vis de l'or, conjugué à la faiblesse du dollar, propulsent chaque jour le métal précieux vers de nouveaux sommets. L'once grimpe en ce moment de près de 0,7% à 1.276,5 dollars sur le Comex, portant sa hausse à plus de 15% depuis le début de l'année. Corrigés de l'inflation, les prix de l'or restent cependant, encore loin de leur sommet de tous les temps à 2.300$ l'once, atteint en 1980 durant l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS.
Mais dans le contexte actuel, le cours de l'or pourrait grimper au delà des 1.300 dollars l'once cette année, les incertitudes entourant l'économie mondiale et certaines dettes souveraines favorisant le métal jaune, selon le GFMS. La demande d'or devrait de plus être attisée par les risques inflationnistes induits par le niveau historiquement bas des taux directeurs des grandes banques centrales, ajoute le cabinet.
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