Marchés : "pas de croissance sans reprise du crédit" pour l'Union Bancaire Privée

(Boursier.com) — La reprise du Crédit. Pour Patrice Gautry, Chef économiste à l'UBP (Union Bancaire Privée), il s'agit de la variable clef pour l'économie en 2013. Sans crédit, il ne peut en effet y avoir de croissance durable. Si les pays émergents ne sont pas concernés par ce problème, la reprise du crédit est en revanche chaotique dans les marchés développés. Un effort accru des banques centrales semble ainsi indispensable pour permettre la diffusion du crédit dans le circuit économique.

Aux Etats-Unis, le crédit semble repartir sur une tendance positive, mais cette reprise est liée au crédit non revolving (prêts étudiants et prêts automobile principalement) et non au crédit revolving. Ce qui signifie clairement que le crédit à l'immobilier et à la consommation reste fragile. Le report de l'application des règles de Bâle III outre-Atlantique apparait néanmoins comme une bonne nouvelle pour l'économie américaine puisque cela devrait permettre aux banques de pouvoir prêter davantage compte tenu de ratios prudentiels moins contraignants pour les établissements financiers. Mais ceci ne suffira pas à redonner à la première économique mondiale son lustre d'antan. La Fed devrait ainsi continuer à faire tourner la planche à billets pour soutenir la croissance. Selon l'expert, la banque centrale américaine devra acheter entre 700 et 1.200 milliards de dollars d'actifs supplémentaires si elle veut faire retomber le chômage rapidement au niveau des 6% (contre 7,9% en octobre).

Dans la zone euro, la consommation risque clairement de rester déprimée tant que le crédit ne redémarre pas. Pour Patrice Gautry, la BCE doit elle-même provoquer une reprise du cycle du crédit. Après avoir baissé les coûts de refinancement des banques grâce à ses opérations de LTRO (Long Term Refinancing Operation), la BCE pourrait opter pour de nouveaux moyens pour faire redémarrer le crédit. L'achat de créances directement auprès des entreprises ou des ménages pourrait par exemple être envisagé. En attendant, les exportations devraient continuer à être le moteur de la reprise en 2013. Les gros ajustements structurels réalisés dans les pays du sud de l'Europe commencent à porter leurs fruits. Les coûts du travail ont par exemple nettement baissé en Grèce mais également en Espagne, ce qui est favorable aux exportations.

Au final, UBP attend une reprise très progressive de la croissance mondiale l'an prochain avec une progression globale du PIB de 2,4% (+3,2% en parité de pouvoir d'achat) contre 2,2% en 2012 (+3% en PPP) et 2,6% de consensus. Les pays émergents continueront à tirer l'économie, Chine en tête (croissance de 7,5% anticipée en 2013 après 7,3% cette année). Le Brésil (3,5%), la Russie (3,5%) et l'Inde (5,7%) devraient également enregistrer une croissance assez solide. En revanche, l'économiste table sur une croissance limitée à 1,9% aux Etats-Unis en 2013, à 0,5% au Japon et sur même sur une contraction de 0,4% de la zone euro (+0,2% pour le consensus).

En terme d'allocation d'actifs, UBP est positif à l'égard des marchés actions qui devraient bénéficier des importantes mesures de relance des banques centrales et des solides perspectives bénéficiaires des entreprises. De plus, tant que l'inflation ne dépasse pas 4%, les actions offrent une bonne protection contre les hausses de prix. Les actions offrent également davantage de valeur que le crédit alors que les rendements des obligations d'entreprises s'affichent à des plus bas historiques, estime l'expert. UBP continue ainsi à privilégier les grands groupes caractérisés par de fortes barrières à la concurrence, disposant de bilans solides, de cash-flow robustes et de dividendes attrayants et en croissance. Nestlé ou L'Oréal sont ainsi cités. D'un point de vue géographique, la banque apprécie le marché chinois sur lequel les valorisations sont tombées à un très bas niveau et où les bénéfices des entreprises devraient nettement progresser en 2013.

L'établissement genevois apprécie également les obligations convertibles qui, sur le long terme, génèrent des rendements similaires à ceux des actions mais avec une volatilité beaucoup plus faible. La dette des marchés émergents et les emprunts "high yield" ("haut rendement") sont également favorisés. Enfin, l'or reste au coeur de l'allocation d'actifs d'UBP. Le métal devrait continuer à bénéficier des politiques monétaires expansionnistes des banques centrales et de l'achat d'or par ces mêmes banques (notamment dans les pays émergents) qui ont besoin de diversifier leurs réserves.

— ©2012-2014, Boursier.com

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