Marchés : le "Plan Paulson" décrypté

(Boursier.com) — Le Secrétaire au Trésor américain Henry Paulson se voit tresser des couronnes de lauriers depuis l'annonce de son plan de sauvetage du système bancaire américain. "Le plan de Paulson est joliment simple et limpide dans sa structure et ses objectifs, ambitieusement rassurant dans sa vision et demandant un très haut degré de discrétion dans sa mise en place : une sorte de carte blanche qui permettra au Trésor de gérer avec flexibilité les l'écheveau diabolique à venir". Le commentaire émane de Marco Annunziata, le patron de la recherche économique de la banque Unicredit, qui ne tarit pas d'éloges sur le responsable américain depuis vendredi.

"Le plan proposé met en place une intervention sans précédent du gouvernement dans l'économie : le Trésor disposera de tout pouvoir pour acquérir aux enchères une grande variété d'actifs des institutions américaines et étrangères sur les deux prochaines années, et pourra les détenir jusqu'à maturité ou les vendre sur le marché si cela se révèle approprié", explique le spécialiste, qui souligne que les actifs principalement visés sont ceux liés au secteur hypothécaire et les lignes de crédit, mais que le plan peut s'étendre à tout type de produit. Le programme est plafonné à 700 Milliards de Dollars. "La taille énorme du plan et la flexibilité qui est la sienne devraient rassurer les investisseurs sur la capacité du Trésor non seulement à disposer de la force de frappe nécessaire, mais encore à afficher la discrétion nécessaire pour effectivement répondre aux enjeux, alors que sa détermination a déjà été démontrée et ne fait aucun doute", ajoute Annunziata.

L'économiste pense que le Congrès pourrait approuver dès cette semaine le plan de sauvetage, malgré certains éléments polémiques. Paulson a implicitement appelé les autres économies à mettre en place de telles mesures, même si les institutions financières étrangères présentes aux Etats-Unis sont couvertes. Annunziata résume : "je pense que la réaction du marché aux propositions sera positive : c'est un plan large et convaincant pour répondre aux problèmes du système financier et soutenir le marché immobilier. En tant que tel, il améliore la probabilité d'une stabilisation graduelle et d'une reprise économique future". Ceci dit, la volatilité va rester très élevée et des ventes massives pourraient encore avoir lieu sur fond d'interrogation sur les risques de la mise en place d'un tel plan, et du fait de perspectives économiques déjà fragilisées. L'économiste pense que le Dollar sera sous pression ces prochaines semaines, mais le plan devrait à long terme être perçu positivement pour l'économie américaine, ce qui pourrait conduire à un léger renforcement du billet vert sous 15 mois.

Le chef économiste d'Unicredit a également présenté les grandes lignes du plan Paulson :

- Le Trésor aura la capacité d'acquérir jusqu'à 700 Mds$ d'actifs, financés par des émissions de Bons, dans la limite d'une hausse de la dette publique de 6,6%.
- Les actifs éligibles sont définis mais peuvent faire l'objet d'une extension. Annunziata précise qu'il a déjà jugé que l'une des clefs du succès du plan sera la capacité à identifier les actifs de qualité.
- Le plan est ouvert à tous les établissements officiant aux Etats-Unis, ce qui peut créer la controverse, selon l'économiste, puisque les contribuables américains mettront la main à la poche pour des banques étrangères. Paulson a rappelé à ce titre que ces maisons participent autant à l'économie que celles dont le siège est aux Etats-Unis, mais la question est politiquement sensible.
- Le prix de rachat des actifs dits "toxiques" sera déterminé via une procédure de "reverse auction", afin de s'assurer qu'ils collent le plus possible à la réalité tout en limitant l'usage des deniers publics.
- Une fois acquis, les actifs seront gérés par des gestionnaires privés, mais le Trésor maintiendra une totale discrétion sur ses intentions (cession ou arrivée à maturité). Cependant la cession progressive des actifs est un aspect fondamental du plan.
- Vu l'ampleur du plan, un strict contrôle du Congrès est nécessaire. Un premier point d'étape aura lieu après 3 mois.
- Le Congrès a mis la pression pour inclure dans le plan davantage de mesures en faveur des propriétaires, ainsi que des limitations des revenus des dirigeants. Paulson a concédé qu'un soutien direct aux emprunteurs immobiliers pouvait s'avérer nécessaire mais a jugé que le second point pourra être discuté séparément.
- Paulson a mis l'accent sur le fait qu'il ne faudra pas tergiverser pour mettre en place le plan, notamment ne pas en retarder l'exécution en cherchant à y inclure davantage de mesures.
- Enfin, le plan appelle implicitement les autres Etats à prendre des mesures similaires. Une opération concertée à travers la planète financière améliorerait bien évidemment l'impact du plan, juge Annunziata, mais les difficultés sont nombreuses. Par exemple dans l'Euro Zone, il faudrait l'aval de tous les gouvernements.

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