Marchés : faut-il interdire la spéculation sur les dettes souveraines ?

(Boursier.com) -- Face à la crise grecque, l'Europe ouvre un tir croisé contre les spéculateurs ! Depuis quelques jours, Paris et Berlin sont montés au créneau, s'engageant à prendre une "initiative concertée" contre l'usage abusif des produits dérivés de la dette souveraine (CDS). Dans la foulée, le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, a annoncé hier que Bruxelles allait examiner l'interdiction pure et simple des opérations spéculatives sur les dettes des Etats...

De son côté, le commissaire au Marché intérieur et aux Services financiers, Michel Barnier, a renchéri en annonçant qu'il prendrait "avant l'été" une initiative visant à encadrer les ventes purement spéculatives, aussi bien celles portant sur les CDS des titres souverains que les autres ventes à découvert.

Un deuxième projet visant à créer une chambre de compensation unique pour les CDS en Europe, sur le modèle d'un projet équivalent aux États-Unis, est aussi en cours d'élaboration.

Enfin, en visite aux États-Unis, le Premier ministre grec George Papandréou a également demandé à Barack Obama de mieux réguler ces produits... Les CDS sont accusés d'avoir aggravé la crise grecque et entraîné une hausse des taux d'intérêt qu'Athènes doit payer sur ses emprunts.

En principe, les CDS ("credit default swaps") ont été mis au point pour protéger un créancier contre le risque de crédit d'un emprunteur, privé ou public. Échangés uniquement de gré à gré, les CDS sont en quelque sorte des 'contrats d'assurances' contre le défaut de paiement. Ils revêtent aussi forcément un caractère spéculatif, car la hausse de leur prix signale un risque accru de défaut et peut donc entraîner des réactions en chaîne plus ou moins contrôlées sur le marché...

De plus, les spéculateurs, au premier rang desquels les "hedge funds", se sont mis à émettre et à vendre des CDS en grande quantité, alors qu'ils ne détenaient pas la dette sous-jacente (technique dite du "naked short selling"), ce qui revient à parier sur la défaillance de l'émetteur. En vendant ces CDS, les spéculateurs contribuent aussi à faire monter leurs prix, renforçant encore les craintes de défaut de l'émetteur.

Créé il y a à peine cinq ans, le marché mondial des CDS représente aujourd'hui le montant faramineux de 31.000 Milliards de Dollars, qui échappent encore très largement à la régulation... Certains économistes craignent que ces produits ne fassent courir à l'économie mondiale un nouveau risque de crise, plus grave que celle des crédits "subprime"...

V.A. - ©2010, 2012 www.boursier.com

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit? Connectez-vous!

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes!

L'AMF rappelle que les utilisateurs postant des messages en nombre et/ou directionnels sur une valeur donnée, ont l'obligation d'indiquer dans leurs messages leur position sur cette valeur. Faute de quoi, cette omission est susceptible de constituer un manquement de diffusion de fausse information. Lire l'avertissement de l'AMF.
Forums
Valeurs les plus actives
  • Alcatel-LucentAcitivité: 10
  • TheoliaAcitivité: 4
  • FacebookAcitivité: 3
  • Credit AgricoleAcitivité: 2
  • France TelecomAcitivité: 2
  • SoitecAcitivité: 2
  • CAC 40Acitivité: 2
Sujets à la une
  • Ayrault prêt à nommer des ministres issus du Front de gauche 36
  • Une majorité de Français satisfaits du duo Hollande/Ayrault 36
  • Les retraits des banques ne touchent pas que la Grèce 25
  • Croissance: Berlin plaiderait pour des "zones économiques spéciales" au sein de l'UE 47
  • Tous les forums
Partenaires

Demandez la documentation des partenaires recommandés par Boursier.com