(Boursier.com) -- Une semaine de consolidation s'est écoulée sur les places mondiales. Le CAC 40 n'a pas échappé à la purge, alors que Wall Street a corrigé également assez vivement en fin de semaine, passé le bon accueil du communiqué monétaire de la Fed. En cause, une fois encore, les craintes concernant la crise du subprime et du marché du crédit aux Etats-Unis. Dans ce contexte, les banques centrales (Fed et BCE notamment) ont tenté d'agir par des injections de fonds, dans un contexte de panne de confiance des places financières.
A Wall Street, le géant du crédit immobilier Countrywide Financial a prévenu à son tour de l'impact potentiel de la crise mortgage sur ses comptes. Après les effondrements de [US:]New Century[:US] et d'American Home Mortgage et les déboires de la banque d'affaires Bear Stearns, les investisseurs ont peu apprécié ces nouvelles. Des opérateurs qui craignent maintenant pour les leaders US de la construction immobilière, Beazer Homes ayant notamment été contraint de démentir des rumeurs concernant ses liquidités...
Côté européen, c'est le Groupe BNP Paribas qui a secoué les marchés, dévoilant jeudi matin le gel de trois fonds exposés au subprime américain, compte tenu de "l'illiquidité quasi-totale" et de l'absence de prix de référence des actifs figurant dans les portefeuilles des fonds quelle que soit leur qualité ou leur rating. La BNP a expliqué le phénomène par la disparition de toute transaction sur certains segments du marché de la titrisation aux Etats-Unis. Les annonces de BNP Paribas ont plombé l'ensemble des valeurs financières de la cote parisienne, et expliquent même en bonne partie la chute de Wall Street jeudi.
La Fed a annoncé ce vendredi qu'elle débloquait 19 Milliards de dollars de liquidités à un taux moyen de 5,236%, sur un total de 31,2 Mds$ de demandes pour une durée de 3 jours, soit jusqu'à lundi matin avant l'ouverture des marchés américains. Ces financements n'ont concerné que des actifs "mortgage-backed". A la mi-journée, la BCE avait annoncé qu'elle allait injecter 61,05 Milliards d'euros sur une demande pour plus de 110 MdsE. Jeudi, la BCE avait déjà injecté près de 95 Milliards d'euros, alors que la demande faisait grimper les taux au jour le jour au-delà des limites habituelles. La Fed l'avait imitée un peu plus tard en débloquant 24 Mds$.
Aux Etats-Unis, la SEC étudierait pour sa part les comptes de banques d'investissements majeures telles que Goldman Sachs et Merrill Lynch afin d'évaluer leur prise en compte des pertes éventuelles sur les activités subprime mortgage. Autant dire que le marché est donc en mode d'alerte.
Sur la semaine écoulée, le CAC 40, indice phare parisien, a abandonné 2,7%, avec surtout une chute de 2,17% jeudi soir et un plongeon de 3,13% en clôture ce vendredi, à 5.449 pts. Sur cinq jours de bourse, Danone, Unibail-Rodamco et L'Oréal, jugées défensives, ont surperformé largement le marché avec des gains de 4% environ. Veolia, STMicroelectronics et LVMH parviennent également à des gains hebdomadaires légers, comme Air Liquide, Pernod Ricard et Lagardère. En baisse, Air France KLM et ArcelorMittal ont abandonné 10% et plus sur la semaine, suivies par des pertes de 7% et plus encaissées par Renault et Michelin, puis des chutes de 5% à 7% sur les valeurs Lafarge, Bouygues, PPR, Peugeot et Capgemini. Enfin, EADS, Société Générale, Vinci, Vivendi, Schneider Electric et Vallourec ont perdu plus de 4% sur cinq jours de bourse, tout comme Alstom et Dexia.
A Wall Street, le Dow Jones cède pour l'heure 0,7% depuis le début de la semaine, vers les 13.100 pts, alors que le Nasdaq Composite conserve une performance hebdomadaire légèrement positive, de +0,9%, malgré son plongeon de fin de semaine. Pour en revenir cette fois aux principales données économiques, aux Etats-Unis, cette semaine, quelques indicateurs ont retenu tout de même l'attention d'un marché très (trop ?) préoccupé par l'actualité du marché du crédit et du segment mortgage...
Selon le Département au Travail américain mardi, la productivité US a progressé sur un rythme de 1,8% au second trimestre 2007, après une croissance revue en baisse à 0,7% sur le 1er trimestre. En outre, les coûts unitaires du travail ont augmenté sur un rythme de 2,1% au second trimestre, après +3% au 1er trimestre (révision en hausse).
Le FOMC (Federal Open Market Committee), Comité de politique monétaire de la Fed, a décidé mardi soir de conserver inchangé le taux des fonds fédéraux, à 5,25%. Une décision conforme aux attentes des économistes. Selon la Fed, la croissance économique américaine a été modérée durant le 1er semestre. Les marchés financiers ont été volatils au cours des dernières semaines, alors que les conditions de crédit se sont tendues pour certains ménages et certaines entreprises, et que la correction du marché immobilier a persisté.
Néanmoins, l'économie US devrait probablement poursuivre son expansion sur un rythme modéré au cours des prochains trimestres, "soutenue par une solide croissance de l'emploi et des revenus et une robuste économie globale". La Fed ajoute que les lectures de "core inflation" (inflation hors alimentation et énergie) se sont améliorées modestement au cours des mois récents. Cependant, une modération soutenue des pressions inflationnistes doit encore être clairement démontrée, estime la Fed. De plus, le haut niveau d'utilisation des ressources a la capacité de soutenir ces pressions.
Même si les risques concernant la croissance ont augmenté quelque peu selon la Fed, la préoccupation principale de la Banque en matière de politique monétaire reste le risque que l'inflation ne parvienne pas à se modérer comme prévu. Les ajustements futurs de politique monétaire dépendront des perspectives d'inflation et de croissance économique ressortant des futures informations, d'après la Fed.
La National Association of Realtors américaine a ajusté ses estimations mercredi concernant les ventes de logements aux Etats-Unis. La NAR qui prévoit désormais des ventes de logements existants US au nombre de 6,04 millions en 2007, puis 6,38 millions l'an prochain, contre 6,48 millions en 2006. Les ventes de logements neufs sont attendues au total à 852.000 cette année, puis 848.000 en 2008, contre 1,05 million en 2006. Les mises en chantiers de logements sont estimées à 1,43 million en 2007, puis 1,40 million en 2008, contre 1,80 million en 2006. Sur le court-terme, l'association industrielle n'anticipe pas de changements réels concernant l'activité de ventes. Concernant les prix cette fois, la NAR table sur un prix médian unitaire des ventes de logements existants US en repli de 1,2% à 219.300$ en 2007, avant une hausse de 2% en 2008, à 223.600$. Le prix médian unitaire des logements neufs devrait chuter de 2,3% cette année à 240.800$, avant une reprise de 2,3% à 246.300$ en 2008.
Selon le Département au Travail américain ce vendredi, les prix à l'import US ont augmenté fortement, de 1,5% en juillet 2007, avec les prix du pétrole. Les prix à l'import avaient augmenté de 0,9% en juin. En juillet, les prix à l'import ont donc affiché leur sixième croissance consécutive. Le consensus était à +1,1% environ. Hors pétrole cette fois, les prix à l'import auraient augmenté plus légèrement, de 0,2%. Par ailleurs, les prix américains à l'export ont progressé de 0,2% en juillet 2007, après +0,3% en juin. Hors agriculture, les prix à l'export ont été stables.
Le baril de brut pour septembre a rechuté vers les 71$ sur le Nymex cette semaine, compte tenu des craintes de ralentissement économique. L'EIA, du Département américain à l'Energie, a fait part mercredi de son rapport hebdomadaire portant sur les stocks pétroliers aux Etats-Unis, pour la semaine close au 03 août 2007. Le DoE a fait état de stocks commerciaux américains de brut, hors réserve stratégique, en fort recul de 4,1 millions de barils en comparaison de la précédente semaine, à 340,4 MB, mais toujours bien au-dessus du haut de fourchette du range habituel pour cette période. Les stocks d'essence ont reculé quant à eux de 1,7 million de barils, et demeurent inférieurs au bas de fourchette du range habituel. Enfin, les stocks de distillés ont progressé de 1 million de barils, au milieu de la fourchette habituelle pour cette période.
JN.L. - ©2007, 2012 www.boursier.com

