(Boursier.com) -- Une semaine boursière mouvementée et assez tendue dans l'ensemble vient donc de s'écouler. Le CAC 40 aura reperdu environ 1% sur cinq séances, de retour ce soir sous les 5.000 pts. Un CAC turbulent, qui aligne séances de hausse puis de baisse sans grande tendance autour de cette zone des 5.000 pts depuis quelques semaines.
Il faut dire que l'actualité avait de quoi rendre les opérateurs nerveux, avec en début de semaine la réunion monétaire de la Fed, puis, hier, le complot terroriste déjoué par les autorités britanniques, qui visait à faire exploser des avions assurant les lignes transatlantiques en vol, et causer ainsi des dommages humains considérables.
La baisse du CAC 40 dans ce contexte, -1,1% sur la semaine, n'aura pas surpris. Un indice phare parisien en faible hausse ce soir à 4.986 pts en fin de parcours, alors que Wall Street est victime de craintes liées aux taux et à l'inflation, mais aussi de préoccupations concernant les différentes affaires de stock options impliquant des leaders technologiques tels qu'Apple, Juniper ou encore Nvidia.
Sur la semaine, et sur la base des performances de mi-séance ce vendredi, le Nasdaq Composite et le Dow Jones devraient abandonner chacun un peu plus de 1%. Le Nasdaq évolue autour des 2.060 pts ce soir, le DJIA autour des 11.100 pts.
Statu quo monétaire sans surprise de la Fed mardi soir. A l'issue de la réunion de son Comité de politique monétaire, le FOMC, la Banque Centrale US a donc décidé de conserver inchangé le taux des fonds fédéraux, à 5,25%. Il s'agissait de la première pause en deux ans pour la Fed, qui marque donc un temps d'arrêt, au moins ponctuel, dans le cadre de son cycle de resserrement monétaire. La Fed a voulu cependant noter encore la persistance de risques inflationnistes, ce qui laisse prévoir encore de possibles relèvements de taux, notamment lors de la prochaine réunion monétaire programmée dès septembre. Mais face aux signaux croissants de ralentissement de l'expansion aux Etats-Unis, la Fed a donc décidé de temporiser.
Selon le texte du communiqué du Federal Open Market Committee de la Fed cette semaine :
"La croissance économique (américaine) s'est modérée à partir de son rythme assez fort de début d'année, reflétant partiellement un ralentissement graduel du marché immobilier et les effets sous-jacents des augmentations des taux d'intérêts et des prix de l'énergie". "Les lectures de 'core inflation' (inflation hors alimentation et énergie) ont été élevées au cours des récents mois, et les hauts niveaux de l'utilisation des ressources et des prix de l'énergie et d'autres matières premières ont la capacité de maintenir les pressions inflationnistes. Cependant, les pressions inflationnistes devraient probablement se modérer avec le temps, reflétant des anticipations contenues concernant l'inflation et les effets cumulatifs des actions de politique monétaire et d'autres facteurs restreignant la demande agrégée", selon la Fed.
Le Comité monétaire de la Fed juge cependant que "des risques concernant l'inflation demeurent". "L'étendue et le timing de tout raffermissement supplémentaire qui pourrait être nécessaire pour répondre à ces risques dépendront de l'évolution des perspectives de l'inflation et de la croissance économique". Seul Jeffrey M. Lacker, membre votant de la Fed, désirait une augmentation de taux d'un quart de point. Les autres membres, dont Ben Bernanke, Président de la Fed, ont donc voté cette semaine en faveur d'un statu quo monétaire, laissant le taux des fed funds à 5,25%.
Selon le Département au Commerce américain jeudi, le déficit commercial a décliné marginalement à 64,8 Mds$ au titre du mois de juin aux Etats-Unis. Une baisse très modeste (-0,3%), mais inattendue, en comparaison d'un niveau révisé à 65 Mds$, quasi-record, sur le mois de mai. Le déficit de juin ressort toutefois supérieur au consensus des économistes de la place, logé à 64,5 Mds$, contre 63,8 Mds$ pour la lecture précédente de mai.
Selon le Département au Commerce américain vendredi, les ventes de détail US ont augmenté sur un rythme de +1,4% au titre du mois de juillet, soit la plus forte hausse en six mois, grâce aux ventes automobiles essentiellement, suite aux relances des mesures promotionnelles par les constructeurs. Hors automobile, la progression des ventes de détail en juillet est encore de +1%... Sur juillet, le consensus des économistes était à +0,8% de croissance globale, y compris automobile et essence. Un consensus qui passait à +0,5% hors automobile.
D'après le Département au Travail américain vendredi, les prix à l'import US ont augmenté de 0,9% en juillet, un rebond de 4,7% des prix du pétrole ayant plus que compensé un repli de 0,1% des prix non-pétroliers. L'indice des prix à l'export, quant à lui, s'est inscrit en hausse de 0,4% en juillet après une augmentation de 0,7% en juin.
Les prix du pétrole, très volatils une fois encore cette semaine, devraient terminer ce vendredi assez proches des 74$ le baril sur le Nymex américain. Evidemment, les craintes terroristes ravivées hier jeudi par l'annonce du coup de filet de la police anglaise (ayant permis d'éviter sans doute une catastrophe de grande ampleur) ont joué en faveur de la baisse des prix du pétrole. La demande en carburants devrait se trouver impactée par cette actualité, comme le moral des consommateurs, ce qui devrait faire fléchir une partie de la demande. Par contre, l'annonce en début de semaine, par BP, de la fermeture temporaire du champ pétrolier de Prudhoe Bay en Alaska, principal champ de production des Etats-Unis, avait soutenu les prix du pétrole, comme l'annonce de stocks US de brut et d'essence en déclin la semaine dernière (selon le gouvernement américain).
Ce vendredi soir, le CAC 40 terminait en progression de 0,18% à 4.986 pts. Il a cédé tout de même 1,1% cette semaine... Au palmarès hebdomadaire du CAC, on retrouvait en hausse cette semaine les valeurs Vinci (+2% environ sur cinq jours), AGF (+2% sur la semaine, après les chiffres d'activité) et BNP Paribas (+1% sur cinq séances). Gaz de France (+1%) et EDF (+1% également) se tenaient bien cette semaine, contre la tendance, après leurs chiffre d'affaires respectifs. Michelin gagnait enfin 1% sur les cinq jours écoulés. En baisse cette fois, LVMH abandonnait plus de 5% sur la semaine, comme Thomson. Suivaient encore des reculs de 4,5/5% des dossiers France Telecom et Sanofi Aventis cette semaine, puis des replis de 3% et plus pour Danone, Lagardere et EADS. Capgemini, Accor, L'Oreal, Publicis, Air Liquide et Lafarge corrigeaient pour finir de plus de 2% sur la semaine passée.
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