(Boursier.com) -- "Quelle est la probabilité de voir la Grèce quitter la zone euro ?". "Au moins une chance sur trois", répond Standard & Poor's dans un document spécial "questions-réponses" sur la crise européenne, dévoilé hier soir. L'agence pense que l'incertitude qui règne autour de l'issue des élections du 17 juin prochain est suffisante pour créer un risque conséquent. "Les sondages laissent entendre qu'une large majorité de grecs est favorable au maintien dans la zone euro, mais les réformes fiscales et structurelles qui ont été décidées avec la Troïka sont devenues extrêmement impopulaires à mesure que l'économie et l'emploi se dégradaient, que les salaires baissaient et qu'un retour à la croissance apparaissait de plus en plus compliqué. Dans la mesure où plus d'un quart de la population est employé par le secteur public, nous anticipons qu'un large segment des votants sera enclin à s'opposer à tout parti qui soutiendrait le programme actuel UE/FMI, qui prévoit l'élimination de 150.000 emplois publics, soit 15% du total, ainsi que la réduction des dépenses publiques", explique l'agence, qui pense qu'il existe un risque pour que les élections accouchent d'un gouvernement fondamentalement opposé au programme de soutien actuel, à l'heure même où les partenaires du pays semblent de moins en moins souples vis-à-vis d'Athènes.
Quoi qu'il en soit, toute sortie de la zone euro serait une décision de politique interne à la Grèce, car S&P a crû comprendre qu'aucun mécanisme ne permet d'exclure un membre de l'union économique et monétaire. Cependant, la BCE aurait le pouvoir de contraindre la Grèce à cette décision en refusant la dette du pays en collatéral dans ses opérations, indique l'agence, qui y voit cependant une issue extrême car la banque centrale est très exposée aux obligations grecques, qu'elle soutient à bout de bras depuis plusieurs trimestres.
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