le 01/04/2009 à 09h50
(Boursier.com) -- Invité ce matin sur l'antenne d'Europe 1, Nicolas Sarkozy s'est montré particulièrement attaché à la question du traitement de la question des paradis fiscaux et des hedge funds. Le traitement de la régulation financière internationale est "un préalable" au règlement de la crise... "Si on ne remet pas un peu de morale, un peu de réglementation, un peu d'ordre dans un système financier qui s'est totalement dérégulé, qui marche sur la tête, on n'a aucune chance de rétablir la confiance et donc la situation économique" a notamment déclaré le Président Sarkozy.
Alors que Londres redoute un départ précipité de Nicolas Sarkozy en cas de désaccord lors des débats au sommet du G20, le Président est resté ferme sur ses positions déclarant : "Je ne m'associerait pas à un sommet qui se conclurait par un communiqué de faux compromis qui ne traiterait pas les problèmes qui nous occupent".
A quelques heures de la réunion de Londres, Nicolas Sarkozy estime que "aujourd'hui, aucun accord n'est stabilisé. (...) Je sais d'expérience qu'il va falloir se battre jusqu'à la dernière minute !". Le président a poursuivi : "La conversation avance. Il y a des projets qui sont sur la table. En l'état actuel des choses, ces projets conviennent ni à l'Allemagne via la France. (...) Avec Angela Merkel, nous avons convenu pour le texte, en l'état où il était hier soir, que le compte n'y était pas !"
C'est donc d'une voix univoque que parleront Nicolas Sarkozy et Angela Merkel lors des rencontres du G20, voix qui se veut représentative de l'Europe "J'ai encore eu Mme Merkel au téléphone tard hier soir. Nous sommes exactement sur la même longueur d'onde. Nous avons et nous porterons une vision européenne sur des valeurs qui sont celles de l'Europe. Nous voulons un capitalisme d'entrepreneurs et non pas un capitalisme de spéculateurs".
Le Président français estime cependant ne pas avoir forcément d'oreille attentive aux notions de moralisation du capitalisme mondial qu'il défend avec Angela Merkel. Certains pays se font désormais hésitants à lancer les bases d'une rénovation de la finance mondiale. "Le Président Sarkozy a expliqué qu'aujourd'hui, certains "sont moins enthousiastes pour engager la régulation sur les paradis fiscaux. Un certain nombre des partenaires qui se trouveront présents ce soir... La Chine, il faut encore expertiser sa position exacte parce qu'il y a derrière les intérêts de Hongkong, de Macao et peut-être même de Singapour. La position traditionnelle anglo-saxonne était de relative tolérance...". Le Président français a cependant souligné que la position des Britanniques avait évolué.
Nicolas Sarkozy axe donc les débats autour de trois points fondamentaux d'une part, la régulation, d'autre part la relance et enfin le soutien aux pays émergents : "Je n'accepterai pas que l'on renvoie sine die à d'autres sommets la résolution de problèmes dont on connaît parfaitement la nature. Au fond, il y a trois têtes de chapitre pour le G20. Une tête de chapitre sur laquelle Mme Merkel, la France et l'Europe sont très engagés : il faut une régulation ! Il y a une deuxième tête de chapitre qui est la nécessité d'une relance mondiale avec un certain nombre de pays qui bénéficient de réserves fortes, et qui peuvent être un élément qui permette de remettre du carburant dans l'économie mondiale dont on estime que la croissance mondiale pourrait reculer entre 3 et 5%. (...) Troisième point, je me battrai pour que les pays les plus pauvres qui souffraient déjà avant la crise ne doivent pas être ceux qui paient en plus l'addition la plus lourde. (...) C'est un point de conviction que je partage avec Gordon Brown et les Britanniques".
Interrogé sur les perspectives de sortie de crise, le Chef de l'Etat s'est fait dubitatif... "Qui le sait ?" a-t-il répondu avant d'ajouter : "La caractéristique des experts en ce moment, c'est qu'ils n'ont pas vu venir la crise et maintenant le jeu c'est d'être chaque jour un peu plus pessimiste !"
A.S. - ©2009, 2012 www.boursier.com

Cela me rappelle une chanson: "parolé, parolé...