(Boursier.com) -- L'Euro a abandonné 1%, chutant sous le seuil de 1,27$ en soirée mardi, plombé par le spectre d'une sortie de la Grèce de la zone Euro... Ce matin, la monnaie européenne reste affaiblie, à 1,2670 (-0,1%), avant le sommet informel des chefs d'Etat des 27 pays européens prévu ce soir à Bruxelles... En Asie, les marchés boursiers flanchent aussi, avec des baisses de 1,8% à Tokyo et de 1,6% à Hong Kong, tandis que le cours du pétrole poursuit sa décrue à 91,26$ (-0,4%) pour le baril de brut WTI.
L'ex-Premier ministre grec Lucas Papademos a provoqué de vifs dégagements de l'Euro, en n'excluant pas un abandon de l'Euro par son pays à l'issue des élections du 17 juin prochain. Dans un entretien au 'Wall Street Journal', il estime que ce risque était "réel" et que ses conséquences économiques seraient "catastrophiques", avec un coût global de 500 Milliards à 1.000 Milliards d'Euros et des incidences "très sérieuses" sur toute la zone Euro.
Les déclarations alarmistes de M. Papademos ont ramené le dossier grec au centre des préoccupations des marchés, et ravivé les craintes sur d'autres pays de la zone Euro, à commencer par l'Espagne, dont les banques pourraient avoir besoin d'un plan de soutien européen... Dans les salles de marchés, l'hypothèse d'une troisième vague de prêts à trois ans par la Banque centrale européenne commence d'ailleurs à faire son chemin. L'agence de notation Fitch Ratings pense ainsi que cette "LTRO" ("Longer Term Operation Facility", opération de financement de long terme) est rendue nécessaire par la situation tendue de certains établissements de la "périphérie" européenne (c'est-à-dire essentiellement de banques d'Europe du Sud plus d'Irlande).
La plus grande prudence est donc de mise sur les marchés dans l'attente du sommet européen de ce soir, sur fond de tensions entre la France et l'Allemagne. Malgré les déclarations de bonne volonté de part et d'autre ces derniers jours, Paris et Berlin restent en désaccord sur les moyens de stimuler la croissance en Europe...
La question des Euro-obligations, notamment, cristallise les divergences, Berlin refusant la mutualisation des dettes de la zone Euro qui ferait peser selon elle un risque bien trop élevé sur ses propres finances publiques... Hier soir, la Commission européenne a toutefois semblé donner un petit coup de pouce à la position française : le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a estimé que "le renforcement de l'union politique et monétaire de la zone Euro doit passer par la mutualisation de la dette". Il a demandé aux Etats membres de réfléchir à la mise en oeuvre d'Euro-obligations, tout en précisant qu'il s'agissait d'un projet à long terme, qui suppose au préalable d'avoir rétabli la stabilité financière de chaque pays... Un objectif qui ne sera pas atteint, dans le meilleur des cas, avant 2017, date prévue par la plupart des pays pour le retour à l'équilibre budgétaire...
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