(Boursier.com) -- L'Euro fait l'objet de prises de bénéfices ce matin à 1,3165$ (-0,4%) à quelques heures d'un nouveau Sommet européen consacré encore une fois à la crise de la dette en Europe. Ce week-end, les négociations sur la restructuration de la dette grecque ont progressé, les négociateurs s'estimant proche d'un accord final, qui pourrait être conclu cette semaine...
Selon des proches du dossier, les créanciers privés auraient accepté une décote de l'ordre de 70%, et un taux d'intérêt inférieur à 4% sur les nouveaux titres à 30 ans qu'ils recevront en échange de leurs obligations d'Etat grecques. Rappelons que la conclusion de cet accord est la condition sine qua non pour débloquer le second plan d'aide à la Grèce, qui pourrait devoir être porté de 130 à 145 Milliards d'Euros en raison de la dégradation de l'économie du pays...
En revanche, une nouvelle polémique s'est déclenchée ce week-end au sujet de la mise sous tutelle éventuelle des finances publiques d'Athènes. Proposée à l'Eurogroupe par l'Allemagne, cette option a été vivement rejetée par le gouvernement grec, qui s'est dit "capable d'honorer seul ses engagements"...
Réunis à Bruxelles à partir de 15 heures (14H00 GMT), les 27 dirigeants européens devraient mettre en place une étape supplémentaire vers la sortie de crise de l'Euro, en adoptant le nouveau pacte de discipline budgétaire renforcée, auquel tous les pays devraient adhérer à l'exception de la Grande-Bretagne. Hier soir, Nicolas Sarkozy a estimé lors de son intervention télévisée que la crise de l'Euro paraissait désormais stabilisée : "l'Europe n'est plus au bord du gouffre", car "les mesures prises ont permis de stabiliser les choses (...) La crise économique est toujours là, profonde, mais la crise financière s'apaise", a ainsi estimé le président français.
De nombreux pays espèrent que l'adoption de ce traité, qui instaure la règle d'or de l'équilibre budgétaire et des sanctions en cas de non-respect des règles, rétablira la confiance dans la capacité de l'Europe à lutter contre ses déficits. Dans ces conditions, la BCE pourrait accepter de s'engager plus loin dans la bataille contre la crise, et certains espèrent même que l'Allemagne finira par accepter d'augmenter le plafond du Mécanisme européen de stabilité (MES) de 500 à 750 Milliards d'Euros.
Autre sujet épineux pour les chefs d'Etat : ils vont devoir plancher sur les pistes de relance de la croissance et de l'emploi, alors que le récession menace de nombreux pays de la zone et que les opinions publiques supportent de plus en plus mal les plans d'austérité draconiens imposés pour réduire l'endettement... Au niveau européen, les budgets de certains fonds communautaires pourraient ainsi être réorientés vers la lutte contre le chômage des jeunes et aider les petites et moyennes entreprises.
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