le 08/02/2010 à 09h31
(Boursier.com) -- L'agence de notation Fitch Ratings a été la première à dégrader la Grèce. Marc Ladreit de Lacharrière -le patron de Fitch Ratings- a commenté, ce matin sur Europe 1, une décision dont les marchés prennent aujourd'hui toute la mesure...
"Lorsque Fitch a dégradé la Grèce, en début décembre, cela était dû au fait que les investisseurs se faisaient beaucoup d'inquiétude et se demandait si le gouvernement grec était en mesure de prendre des dispositions favorables au redressement du pays". Il poursuit : "Nous en doutions parce que la Grèce n'a jamais véritablement suivi toutes les directives venant de l'Europe. Ils n'ont pas respecté le pacte de stabilité monétaire, ni le pacte de stabilité économique. En même temps, c'est une économie où il y a beaucoup de choses pas tout à fait normales pour une économie moderne..."
"Il faut aider la Grèce" dit Marc Ladreit de Lacharrière qui rappelle cependant : "Les Etats européens se trouvent face à une situation où le traité de Maastricht ne permet pas d'aider la Grèce, puisqu'il ne le prévoit pas. Il est très important qu'il y ait une plus grande solidarité avec une politique économique beaucoup plus forte, et beaucoup plus équilibrée. Nous comptons beaucoup sur l'accord entre l'Allemagne et la France, les deux leaders pour arriver à une plus grande harmonisation des politiques économiques".
Quoi qu'il en soit, les faiblesses de la Grèce, du Portugal et de l'Espagne marquent très probablement un tournant dans la gestion économique et monétaire européenne : "La crise concernant les Etats est un peu nouvelle, puisque jusqu'à présent l'Europe vivait sous le bouclier de l'Euro, c'est-à-dire quelles que soient les divergences entre les économies des pays de l'Euro, in fine les taux d'intérêt pour chacun étaient les mêmes". A l'heure de tirer les leçons de la crise des pays méridionaux, très probablement faudra-t-il davantage intégrer ces disparités nationales...
A.S. - ©2010, 2012 www.boursier.com
La réunion d'urgence non médiatisée des 24 banquiers centraux des principaux pays aujourd'hui et demain en Australie n'est pas un hasard !
Le dilemme est simple :
Les principaux exportateurs et/ou industrialisés ont intérêt à laisser tomber la Grèce pour engender une baisse de l'€ (Allemagne, France, Japon..).
Les autres, les pays les plus dans la mouise, ont intérêt a soutenir l'€ à la hausse (USA, Royaume-Uni...).
La réunion a quelle but à votre avis sinon de savoir qui veut et qui ne veut pas financer pour la Grèce (et demain le Portugal, la Californie, le Royaume-Uni....)