(Boursier.com) -- Warren Buffett, le légendaire investisseur dont l'état de santé se serait amélioré récemment, a confié sur CNBC ses dernières pensées économiques : Le gourou d'Omaha explique que le ralentissement de l'économie ne fait pas de doute, mais estime que les États-Unis vont de l'avant et se portent mieux que l'Europe. Buffett se réjouit par ailleurs du redressement du marché immobilier résidentiel américain, dont les compagnies de Berkshire Hathaway devraient profiter. Il constate tout de même que le rebond du marché s'est produit depuis un niveau "très bas" et ne signifie pas encore grand chose, même si "cela va mieux".
Mieux encore, le "grand manitou" des marchés financiers précise que certaines filiales de sa firme Berkshire affichent actuellement des progressions à deux chiffres de l'activité.
Côté investissements, Buffett n'a pas daigné s'intéresser à l'opérateur de télécommunications Verizon, pas plus qu'à son rival AT&T, du fait du manque de visibilité de leurs opérations à moyen terme. Par contre, l'oracle s'est renforcé sur le dossier bancaire Wells Fargo durant la semaine dernière, profitant d'une faiblesse de son cours. Les banques ne devraient pas, selon Buffett, renouer avec le genre de retours sur investissement observé avant la crise. Cependant, le secteur demeure un "bon business" si l'on en croit le milliardaire.
Buffett assure toujours que les marchés actions sont le meilleur endroit où mettre ses liquidités. Sur le plan politique cette fois, il soutient le président de la Fed, Ben Bernanke, espérant un troisième mandat pour ce dernier. Buffett juge en effet que Bernanke a fait "un travail absolument superbe". Contrairement aux rumeurs récentes relayées par le New-York Times, le leader de Berkshire pense que Bernanke resterait si le futur président le lui demandait... Buffett s'est tout de même inquiété de l'expansion continuelle du bilan de la Fed, refusant "d'instinct" le nouveau programme d'assouplissement monétaire quantitatif "QE3" de la Banque centrale américaine.
A propos des affaires récentes dans le monde bancaire, Buffett a réaffirmé son soutien au patron de JP Morgan, Jamie Dimon, "l'un des meilleurs banquiers dans le monde". Par contre, il estime que le dirigeant de Barclays, Bob Diamond, n'a d'autre choix que la démission.
Pour Warren Buffett, l'économie globale est plus ou moins stable, les USA ralentissent, mais l'Europe "glisse assez rapidement", surtout depuis six semaines ! D'après l'investisseur, l'Europe devrait s'en sortir... d'ici une dizaine d'années, mais actuellement, "il n'y a pas de réponse évidente". Buffett relève que l'Europe n'a pas "sa propre planche à billets". De plus, l'investisseur ne voit pas bien qui est responsable, "s'il y a quelqu'un". Il ne sait d'ailleurs pas si l'euro existera en tant que monnaie d'ici dix ans, la Zone euro ne pouvant selon lui exister dans sa forme originelle. Pour l'heure, Buffett se dit "en attente", afin de percevoir la direction de l'économie.
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