(Boursier.com) -- Malgré la pression venue d'Espagne cette semaine, l'euro continue de se tenir au-dessus des 1,33 à 1,3320/$ entre banques, passant au-delà de la mise en garde du Premier ministre italien Mario Monti contre un nouveau risque de contagion de la crise de la dette européenne. Date clé du calendrier cette semaine, les ministres des Finances européens doivent se réunir à partir de vendredi à Copenhague pour étudier les moyens de renforcer les fameux "pare-feux" anti-crise que sont le FESF (Fonds européen de stabilité financière) et le futur MESF (Mécanisme européen de stabilité financière)... Les points de vues semblaient à ce sujet un peu moins divergents, en particulier avec l'Allemagne dernièrement.
"Les ministres des Finances des pays de la Zone euro qui se réunissent cette semaine doivent démultiplier la puissance de feu du Fonds européen de stabilité financière et la porter à 1.000 Milliards d'Euros au moins"... La déclaration est d'Angel Gurría elle-même, le Secrétaire Général de l'OCDE. "Le niveau des engagements des Fonds de secours n'est pas suffisant pour rétablir la confiance des marchés", selon le dirigeant, qui ne minimise cependant pas l'impact des "mesures déjà prises", que sont le renforcement de la discipline fiscale, l'abondance de liquidités et la mise en place des réformes favorisant la croissance.
L'OCDE préconise davantage de réformes, notamment sur les marchés de produits et du travail, "ainsi que de la fiscalité et de l'enseignement". "L'Europe est au point mort et doit passer à la vitesse supérieure en faisant de la croissance sa priorité numéro un", a martelé Angel Gurría, qui appelle l'Europe à "aller plus loin dans l'ouverture des marchés de services", en réalisant "un examen annuel des obstacles qui, dans chaque pays, empêchent de profiter pleinement d'un marché fort de 500 millions de consommateurs".
En outre, l'OCDE note le paradoxe d'une région comptant 24 millions de chômeurs, quand "la plupart des pays de l'UE anticipent une aggravation des pénuries de main-d'oeuvre qualifiée dans certains secteurs".
Dans le même temps, aux Etats-Unis, Ben Bernanke continue de tenir des propos très souples sur le terrain monétaire. Le patron de la Banque centrale américaine estime ainsi que la politique de la Fed devrait permettre de renforcer la croissance... Pour Ben Bernanke, de nouveaux gains en matière d'emploi nécessitent une meilleure consommation et une demande plus forte des entreprises.
Il est vrai que les derniers indices US sont tous ou presque ressortis décevants en provenance des Etats-Unis, avec l'indice d'activité manufacturière de la Fed de Dallas qui s'est inscrit à 10,8 seulement en mars 2012, contre 15,5 de consensus et après 17,8 rapporté le mois précédent. L'indicateur texan traduit donc un fort ralentissement de l'expansion de l'industrie manufacturière dans la région.
L'indice des promesses de ventes de logements aux USA publié par la National Association of Realtors (NAR) est ressorti en repli de 0,5% pour février 2012, à 96,5, contre 97 en janvier. Le consensus était de +1%, après +2% en janvier.
L'indice d'activité nationale américaine mesuré par la Fed de Chicago est ressorti négatif de -0,09 en février 2012, contre +0,33 en janvier. Cette lecture négative de l'indicateur traduit une croissance de l'activité inférieure à la normale. La moyenne à trois mois reste toutefois positive de +0,30, contre +0,22 précédemment...
L'indice manufacturier de la Fed de Richmond est ressorti à seulement 7 en mars 2012, contre 18 de consensus et 20 en février. L'indice d'activité manufacturière avait grimpé de 8 points en février et retombe donc ce mois.
L'indice de confiance des consommateurs américains mesuré par le Conference Board, qui avait franchement rebondi en février pour atteindre un sommet d'un an, s'est tassé en mars à 70,2, contre 70,3 de consensus et 71,6 le mois précédent.
Enfin, l'indice S&P Case-Shiller mesurant les prix de l'immobilier aux Etats-Unis dans les vingt principales zones métropolitaines a régressé encore de 0,8% en janvier 2012, en comparaison du mois antérieur et hors ajustements saisonniers. Après ajustements saisonniers, cet indice est stable par rapport à décembre 2011. Sur un an, hors ajustements saisonniers, l'indice des prix sur les 20 zones chute de 3,8%, en ligne avec le consensus des économistes, contre -4,1% en décembre...
C.L. - ©2012, 2013 www.boursier.com




