(Boursier.com) -- L'Euro est tombé cette nuit jusqu'à 1,3009$, au plus bas depuis près d'un an, avant de se reprendre légèrement en ce début de matinée... Vers 08H10, il s'établit à 1,3035$ dans les échanges interbancaires en Asie, quasi-stable par rapport à la clôture de Wall Street sur fonds de retour des inquiétudes sur la dette européenne. Selon des cambistes, le niveau de 1,30$ constitue un support important pour l'Euro, suivi de 1,2980$. Si l'Euro enfonçait ces deux seuils dans les prochains jours, il pourrait ensuite encore accélérer sa glissade en direction des 1,25$. Sur le marché des actions, l'Asie boursière recule ce matin (-0,4% pour le Nikkei) et les futures sur les marchés européens pointent aussi en baisse, après une journée volatile, hier (-0,35% pour le CAC 40, -0,55% pour le DJIA).
Les investisseurs commencent à douter de la capacité de l'Europe à mettre en oeuvre le plan adopté la semaine dernière lors d'un conseil européen de crise... Les opérateurs s'inquiètent notamment de l'issue d'une adjudication d'obligations d'Etat prévue aujourd'hui par l'Italie, et préfèrent dans ces conditions se placer sur le Dollar américain, d'autant que la Fed, réunie hier, n'a pas annoncé de nouvelles mesures de stimulation de l'économie ("QE3") qui auraient été de nature à affaiblir le billet vert.
La défiance vis-à-vis de l'Euro a été renforcée par des informations de presses selon lesquelles la chancelière allemande Angela Merkel refusait d'augmenter les montants alloués au futur MES (mécanisme européen de stabilité) qui doit être mis en place en juin 2012 et devrait atteindre 500 MdsE.
Conçu à l'origine pour remplacer le FESF (doté de 440 MdsE), le MES pourrait finalement fonctionner en parallèle, selon des informations non confirmées...
Les investisseurs craignent aussi que certains dirigeants européens (en Irlande, Pologne et République tchèque notamment) ne rencontrent des difficultés intérieures pour adopter le plan européen, qui impose la "règle d'or" de l'équilibre budgétaire, assortie de sanctions en cas d'écarts répétés en matière de déficits.
Dans ces conditions, les marchés anticipent désormais une série de dégradation des notes des dettes souveraines en Europe, sans doute début 2012, de la part des grandes agences de notations, y compris pour les pays notés "AAA", déjà menacés par Moody's... Pas vraiment de quoi aider l'euro à remonter la pente !
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