(Boursier.com) -- Selon de multiples sources médias américaines ce mercredi, les Démocrates du Congrès et l'administration Bush - encore en place pour un gros mois - seraient parvenus à un accord de principe hier soir sur les fondements d'un plan de sauvetage de court terme, pour 15 Mds$, de l'industrie automobile des États-Unis. Le plan serait chapeauté par un "tsar de la voiture", une sorte de Capitaine de Soirée diront les mauvais esprits, et sans doute un Comité de supervision composé de différents membres du gouvernement. Le vote de la Chambre des Représentants sur le package est attendu dès ce soir.
Reste donc désormais à savoir si ce plan, destiné à maintenir General Motors et Chrysler sur pieds jusqu'en mars 2009, pourra s'attirer les faveurs des républicains au Sénat. On sait en effet que la volonté de l'administration Bush n'est plus forcément celle de l'ensemble du clan républicain. En dehors de cet aspect procédurier, le package, s'il était voté, viendrait donc renflouer à court terme GM et Chrysler, les deux constructeurs supposés les plus fragiles, Ford Motor ayant martelé qu'il n'aurait sans doute pas besoin d'argent fédéral, sauf grave détérioration des conditions industrielles... La législation du package de relance donnerait au gouvernement des options sur des prises de participations au sein des constructeurs aidés. Ceci permettrait éventuellement aux contribuables de récupérer dans le meilleur des cas les profits venus de potentiels redressements.
Les constructeurs soutenus n'auraient plus le droit de verser des dividendes aux actionnaires ou des bonus aux dirigeants. De même, les fameux parachutes dorés seraient exclus.
Selon le New York Times, le responsable du staff de la Maison Blanche Joshua B. Bolten devrait effectuer une apparition surprise ce mercredi lors du déjeuner hebdomadaire des républicains du Sénat, pour tenter de vendre ce package de relance industrielle aux législateurs les plus réticents de son parti. Le Sénateur Richard Shelby de l'Alabama s'est montré particulièrement virulent ces derniers jours pour fustiger la mauvaise gestion des constructeurs automobiles et le manque de contenu des propositions des directions des "Big 3" au Congrès. John Ensign, du Nevada, entend aussi s'opposer au plan.
Les prêts d'urgence de 15 Mds$ qui seraient accordés à GM et Chrysler sont certes moins conséquents que les 34 Mds$ de crédits totaux demandés auparavant par les "Big 3" au Congrès. En mars, se posera la question de nouvelles injections de fonds ou d'une réorganisation sous chapitre 11, à moins d'une reprise industrielle bien peu probable.
En tant qu'actionnaire majoritaire à 80% de Chrysler, le fonds de private equity Cerberus Capital pourrait être rendu responsable, dans le cadre du plan attendu, de toutes pertes du gouvernement américain liées aux crédits d'urgence accordés.
Le "tsar" de l'industrie automobile US aurait jusqu'à fin mars 2009 pour certifier que constructeurs, actionnaires et créditeurs, syndicats et concessionnaires affichent des plans de long terme concrets et viables pour soutenir les opérations. Dans le cas contraire, ce responsable de supervision pourrait exiger le remboursement des prêts de l'administration, ou plus probablement imposer un plan qui pourrait passer par un ou plusieurs placements sous protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites.
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