le 17/10/2008 à 13h52
(Boursier.com) -- Selon plusieurs sources, le fonds d'investissement Cerberus Capital Management redoublerait d'efforts pour revendre Chrysler (acquis en août
2007 seulement) à General Motors. Les dirigeants de General Motors viseraient à formaliser une offre ferme d'ici la fin du mois d'octobre, selon le Wall Street Journal, tandis que Reuters ajoute que certains pans de Chrysler pourraient échoir à d'autres constructeurs, possiblement Renault - mais ce dernier a démenti toute négociation dans ce sens.
Rien à jalouser l'un à l'autre
Mais qu'est ce qui chez Chrysler, dont les modèles ont la moins bonne réputation de tout Detroit, pourrait bien intéresser GM - en telle difficultés financières lui-même que beaucoup d'observateurs jugent le groupe virtuellement en faillite ? La direction de General Motos n'a-t-elle pas tâche plus urgente dans l'immédiat que d'intégrer les actifs d'un constructeur encore moins performant que lui au plan commercial, nécessitant une restructuration à haut risque social face à l'incontournable syndicat United Auto Workers ?
Au plan opérationnel et stratégique, une telle alliance ressemble fort à un désastre annoncé... Nombre d'exemples au cours des vingt dernières années ont prouvé que les méga-fusions ne fonctionnaient tout simplement pas dans l'automobile, à plus forte raison s'il s'agit de marier deux acteurs en très mauvaise posture.
L'argent, c'est (un peu) de temps
La principale motivation d'un tel attelage serait de permettre à General Motors d'accéder aux réserves de cash de Chrysler, qui se montent encore à
11 Milliards de Dollars - étant donné les pertes abyssales de GM, cette manne lui offrirait un (bref) répit... Mais accroîtrait encore son endettement.
Les finances sont également au coeur du raisonnement de Cerberus Capital Management, l'un des principaux fonds d'investissement US, lequel dans le contexte actuel de tarissement du crédit préfèrerait s'alléger du fardeau Chrysler. Les principales banques créditrices des deux constructeurs, à commencer par JPMorgan Chase, pousseraient également à la roue pour que Cerberus soit au moins en mesure de rembourser un prêt-relais contracté en vue de l'acquisition de Chrysler.
Le prochain bail-out ?
Etant donné la place de l'industrie automobile dans le secteur manufacturier US, il est clair que le dossier atterrira dans tous les cas sur le bureau de la prochaine administration américaine (les élections ayant lieu le 4 novembre). Que faire d'acteurs domestiques dont l'offre et l'outil industriel sont notoirement inadaptés aux défis actuels du secteur, dans un contexte financier particulièrement défavorable ? L'épineuse question se posera au prochain Président des Etats-Unis. Les dirigeants de GM qui semblent se démènent pour arriver à un accord d'ici la fin du mois, ont peut être élaboré un tortueux calcul. Si trois acteurs subsistent, le sacrifice d'un d'entre eux pourrait peut être envisagé dans le cadre d'un plan de soutien global. General Motors, selon des critères purement financiers, est alors le plus menacé. Mais s'il n'en reste déjà plus que deux -Ford d'une part, GM/Chrysler de l'autre... Alors un éventuel plan de sauvetage devrait sans doute s'adresser à chacun.
G.B. - ©2008, 2012 www.boursier.com