(Boursier.com) -- Dans leur dernière note de conjoncture sur le logement au premier trimestre 2012, les analystes du Crédit Foncier, spécialiste historique du financement des projets immobiliers, tablent toujours sur une forte dégradation du marché du logement cette année, que ce soit dans l'ancien ou dans le neuf (collectif et maisons).
Dans l'ancien, le Crédit Foncier table sur une baisse des volumes de 18% par rapport à 2011 avec une prévision de 700.000 transactions. Outre l'attentisme résultant du contexte électoral, de la situation économique et sociale en matière de croissance, de chômage ou de niveau des prélèvements obligatoires, le Crédit Foncier rappelle que les transactions dans l'ancien sont affectées par la limitation du PTZ au neuf qui a désolvabilisé une partie des primo-accédants.
Face aux premières baisses de prix constatées, même si elles restent limitées, le Crédit Foncier estime d'ailleurs que les accédants potentiels repoussent encore leur décision d'achat en pariant sur des baisses plus importantes... En Ile-de-France où les prix n'ont quasiment pas baissé depuis le début de l'année, l'établissement financier n'est pas étonné par cette résistance des prix en rappelant la situation de marché en pénurie qui caractérise cette zone.
Le Crédit Foncier continue donc de penser que la relative stabilité des prix aux niveaux actuels ne se vérifiera plus que dans les zones où la demande excède de beaucoup l'offre disponible, comme à Paris et sur certains marchés de l'Ouest de l'Ile-de-France ou du littoral méditerranéen. "Même sur ces marchés privilégiés, des réajustements se constateront en cours d'année, lorsque les vendeurs seront contraints de réaliser leurs projets immobiliers", expliquent les experts du Crédit Foncier. Sur ces zones, ils confirment leur prévision précédente du mois de mars : des prix stables ou en très légère baisse en 2012. Sur tous les autres marchés en revanche, leur scénario reste celui d'une baisse de prix de 5% à 10% en moyenne avec des écarts plus importants sur des biens ou des situations atypiques, par simple effet d'érosion du pouvoir d'achat immobilier des ménages.
Dans le neuf, le Crédit Foncier s'attend, comme l'ensemble de la profession, à un fort ralentissement des opérations nouvelles avec un rythme de mises en chantier en baisse d'environ 9% à 380.000 logements. La disparition programmée du dispositif d'investissement locatif Scellier à la fin de l'année reste étroitement associée à ce déclin.
Au niveau des volumes de ventes, le Crédit Foncier garde une prévision de 90.000 logements collectifs cette année (-13% par rapport à 2011) et environ 130.000 maisons individuelles (-10%). Les analystes soulignent aussi que l'augmentation continue des coûts de construction, accentuée par la généralisation des normes d'accessibilité et des normes BBC, a tiré à la hausse des niveaux de prix que le marché a du mal à absorber (+3% en collectif sur l'ensemble de l'année et plus de 10% en Ile-de-France).
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