(Boursier.com) -- "Etre riche, c'est posséder trop !", disait Frédéric Dard... Pour certains, la richesse a effectivement trait au patrimoine. Et dans ce cas, l'assujettissement à l'ISF est souvent vu comme un seuil symbolique de richesse. Reste que pour une grande partie des Français, la richesse s'apprécie avant tout aux revenus.
Alors à quel niveau devient-on riche ou simplement aisé ? L'an passé un sondage Ifop révélait que pour les Français, la limite de rémunération se situe en moyenne à 6.300 euros par mois, soit un peu plus de 75.000 euros à l'année. On se souvient également que le candidat Hollande avait un temps déclenché une polémique en fixant le seuil de la richesse à 4.000 euros par mois, soit 48.000 euros par an... Selon l'Insee, le revenu annuel moyen des ménages français (après impôt) avoisine les 35.000 euros, tandis que la médiane s'établit à 29.000 euros
Spécificités locales
D'ailleurs plutôt que de s'attarder sur des montants théoriques, beaucoup de Français cherchent surtout à se situer par rapport au reste de la population. La méthode a au moins le mérite de tenir compte de l'environnement, voire des spécificités locales (un ménage vivant à Paris étant a priori moins aisé à revenus égaux qu'un ménage provincial).
De fortes disparités géographiques...
Les statistiques de la direction générale des Finances publiques peuvent sur ce point donner des repères intéressants. D'après les calculs de Boursier.com(1) à partir des chiffres de 2010 (les derniers disponibles en détail), seuls 5% des foyers français gagnent plus 73.800 euros et 10% plus de 46.250 euros, sur la base de leur revenu fiscal de référence(2). Pour intégrer les 20% de ménages les plus aisés, la limite descend alors à 33.372 euros.
Bien entendu les disparités géographiques sont importantes. Un foyer parisien doit gagner plus de 76.000 euros pour figurer dans le dernier décile (les 10% les plus aisés) et avec au moins 45.000 euros, il intègre la tranche des 20% de foyers les plus à l'aise. Juste à côté, dans le département des Hauts-de-Seine, réputé le plus riche de France, les chiffres sont comparables. En-dessous de 80.770 euros de revenus, impossible ici de figurer parmi les 10% de ménages les plus aisés. Et il faut 47.380 euros pour espérer intégrer "le clan des 20%". A Levallois par exemple, les limites grimpent même respectivement à 87.300 euros et 55.700 euros. Plus spectaculaire encore, à Neuilly-sur-Seine, les statistiques ne permettent pas de déterminer le dernier décile, les revenus supérieurs à 97.500 euros (la plus haute tranche retenue pour ces statistiques) représentant déjà 20,1% des foyers fiscaux. A titre de comparaison, à l'échelle du pays, seuls 1,6% des foyers fiscaux dépassent ce seuil de 97.500 euros, dont 1,2% en province.
La province un cran en dessous
En province justement, gagner 43.850 euros suffit à se situer dans la catégorie des plus hauts 10%. Et si vous avez des revenus de plus de 67.000 euros, sachez que 5% seulement des foyers sont comme vous. Le Limousin est encore un cran en dessous. Il suffit de 40.320 euros pour figurer dans le décile des "plus aisés" et seuls 20% des ménages y gagnent plus de 29.642 euros.
Enfin, d'une manière générale, bien que ces chiffres ne confirment pas complètement le principe de Pareto (celui des 80/20), il est intéressant de noter que les 20% de ménages français les plus aisés cumulent la moitié de la masse de revenus déclarés à l'échelon national. A Neuilly, la proportion passe à quelque 68% !
1/ Les tranches fournies par la DGFiP étant larges, les calculs supposent une répartition uniforme des ménages au sein de chaque tranche.
2/ Les statistiques sont basées sur le revenu fiscal de référence (RFR) et non sur les revenus déclarés. Pour les salariés par exemple, le RFR intègre l'abattement de 10%.
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