Boursier.com : Quelles sont vos remarques sur les derniers résultats financiers publiés par le groupe Oracle, conformes aux attentes mais apparemment diversement perçus la semaine dernière ?
J.A. : J'ai trouvé ces résultats tout simplement brillants. Nous avions mis la barre assez haut du point de vue de la 'guidance financière', et nous avons tout de même dépassé le haut de fourchette de nos anticipations sur le quatrième trimestre sur le plan du bénéfice par action, faisant également mieux que les estimations des analystes, avec un bpa de 19 cents par action (990 M$ au total). Nous avons réalisé 9% de croissance de nos revenus sur le T4 (à 3,1 Mds$), et ceci marque notre troisième trimestre consécutif de forte croissance des résultats. Il s'agit là d'un trimestre record en termes de revenus et de marges, même en comparaison des résultats du plus haut de la 'bulle Internet', ce qui veut tout dire... Enfin, notre marge opérationnelle, à 46% avant impôts, est elle aussi record.
Boursier.com : A mi-chemin des 'audiences' opposant le Département de Justice à Oracle concernant votre offre hostile de reprise de Peoplesoft, quelles sont vos remarques sur ce dossier ?
J.A. : Nous avons eu quelques très bonnes séances et je pense que sur la question particulière de la définition du marché, supposé être un marché de trois acteurs selon le Département de Justice, les objections antitrust ont été battues en brèche, de même donc que la question liée de l'impact qu'aurait sur les prix une combinaison Oracle/Peoplesoft. Cette vision du marché est simpliste et réductrice...
Boursier.com : Les analystes de la place voient se dessiner des opérations de croissance externe d'Oracle dans la business intelligence. Qu'en est-il plus généralement de vos ambitions hors-Peoplesoft, et d'autres opérations majeures sont-elles dans les tuyaux pour les prochains mois ?
J.A. : Oui, nous ambitionnons de grosses acquisitions dans les prochains mois, mais vous imaginez bien que je ne vous donnerai pas de noms (!!). Les analystes nous voient régulièrement nous développer sur la business intelligence, les serveurs d'applications ou le middleware. Rien de neuf à ce sujet sachant qu'ils se contentent d'observer les potentialités sur nos marchés existants.
Boursier.com : Que pensez-vous de la révélation de discussions ayant eu lieu entre Microsoft et l'allemand SAP en vue d'un rapprochement ?
J.A. : Cette annonce a eu lieu peu avant le début de notre opposition devant la cour avec le Département de Justice dans le cas Peoplesoft. Si Microsoft n'avait pas admis ces discussions, nous l'aurions sorti de toute manière... Je vous laisse réfléchir sur le seul fait que SAP ait accepté des discussions. C'est en soi une information intéressante, car pour accepter, il faut se mettre en position de proie. Selon moi, SAP fait face à des challenges de produits et de marchés importants, de même que de positionnement et de développement. Les équipes de développement de SAP sont basées en Allemagne et aux Etats-Unis, là où les nôtres sont réparties aux US, mais aussi en Chine ou en Inde.
Boursier.com : Quelle est donc votre perception de la réaction boursière sur le titre Oracle, plutôt négative dans un premier temps après vos résultats ?
J.A. : Je n'ai pas d'explication, c'est incompréhensible. Nous avons réalisé une très belle année et un trimestre d'une excellente facture. Notre position de cash n'a jamais été aussi élevée, et nos performances sont orientées vers la croissance, le tout sur un marché atone.
Boursier.com : Vos performances dans la database ont quand même été saluées par les spécialistes de la place !
J.A. : Cela fait des années que Gartner voit des pertes de parts de marché de notre part au profit d'IBM, mais la contradiction patente entre ses études et la réalité du marché et de nos performances continue de se faire sentir. Nous pensons avoir gagné des parts de marché sur le quatrième trimestre sur ces segments, même s'il ne s'agit pas d'études scientifiques. Sur le terrain des applications, notre performance négative de -6% sur le trimestre de mai (à 231 M$ de CA sur les applications nouvelles contre 703 M$ sur le total applications / -3,6% de baisse) est à rapprocher de déclins de 15-20% enregistrés dans le même temps par nos comparables tels que Siebel, Peoplesoft, SAP…
Boursier.com : Sur le premier trimestre, vous visez un bpa de 9 cents sur des ventes de 2,15-2,21 Mds$ (+6/9%). Quels commentaires sur ces estimations pour la période d'août ?
J.A. : Vous remarquerez que la tendance est encore à la croissance. On pense que le marché s'améliore dans le monde avec bien entendu une prime toujours présente au 'plus gros' et au 'plus fort'. Cette prime demeure et se matérialise par le fait que les clients vont plus naturellement vers les plus grands 'offreurs'.
Propos recueillis par Jean-Noël Legalland - ©2004, 2013 www.boursier.com




