Entretien avec Jean-Daniel Miwherran, Directeur Financier du Sporting Club de Paris En plus d'être un club coté, nous serons une valeur foncière et une valeur Internet

Boursier.com : La création du 2ème grand club de football de Paris est désormais actée. Comment votre projet a-t-il abouti ?

J.D.M. : Ce sont des efforts de plusieurs années qui sont récompensés. Nous avions une vision très claire de ce que nous souhaitions faire dès le début des années 90, à savoir rapprocher plusieurs associations de quartier pour donner naissance à un grand club. Cela a pris longtemps car nous nous sommes heurtés à de nombreux obstacles liés au passé de chaque club. En fusionnant 2 associations sportives dans le XIème et le XIIème arrondissement en 1999, notre projet a enfin pu prendre son envol, pour accélérer à la rentrée 2006 suite à notre fusion avec le Club des Champs Elysées (CCE) qui nous a permis d'accroître notre quadrillage associatif de Paris, et surtout d'atteindre le niveau DH dans lequel évoluait CCE. Nous visons sous 2 ans une montée en CFA, hors opération de croissance externe.

Boursier.com : C'est à dire ?

J.D.M. : Actuellement en niveau Ligue d'Ile de France, notre club pourrait accéder directement en CFA, voire même en National en cas d'acquisition d'un club parisien. Sannois Saint Gratien ou encore le Sporting Club de Paris y sont déjà, une telle opération serait immédiatement relutive au niveau de notre classement. Ces 2 clubs ne sont toutefois pas dans notre viseur car nous ne voulons pas brûler les étapes. C'est pourquoi nous n'avons d'ailleurs pas regardé le dossier du Paris Saint Germain. En revanche, accéder directement au CFA sans passer par la case CFA2 nous intéresserait. Cela permettrait de viser une montée en Ligue 1 à l'horizon 2010 dans l'hypothèse où nous monterions chaque année, ce qui me paraît ambitieux mais réaliste. D'où notre future levée de fonds.

Boursier.com : Pourquoi passer par la Bourse plutôt que par le biais de fonds d'investissement, comme le PSG ?

J.D.M. : Il ne m'appartient pas de commenter ce qu'ont pu faire d'autres clubs. En revanche, une levée de fonds par le biais de la Bourse nous permettra de disposer d'un large actionnariat et également de bénéficier d'une bonne couverture médiatique. C'est important pour un club inconnu du grand public et qui doit se créer une image comme le Sporting Club de Paris. Notre business plan prévoit également le lancement d'une filiale de chaîne d'hôtels, ainsi qu'une reconstruction du stade précédemment utilisé par le CCE, dans le VIIIème arrondissement. Nous aurons besoin d'être performants sur le terrain pour être performants en Bourse, ce qui nous permettra de recruter les meilleurs et donc d'être performants sur le terrain : comme vous le voyez, c'est un cercle vertueux. Autre point sur lequel je souhaite insister : les contraintes règlementaires actuelles ne nous permettront pas de fusionner avec un club faisant partie de l'Ile de France. Mais cette contrainte s'entend sur la France, ce qui signifie que nous n'excluerons pas à terme un rapprochement avec un club étranger. Seule une cotation en Bourse nous donnera rapidement la crédibilité suffisante pour réaliser ceci.

Boursier.com : Vous visez un pays européen en particulier ?

J.D.M. : Non. Nous visons les pays émergents, footballistiquement s'entend. Et plus précisément les Etats-Unis. Tout est à construire là-bas, le potentiel est considérable. Nous avons déjà identifié des cibles à moyen terme. Une cotation sur le Nasdaq ne sera pas exclue si un de nos projets aboutit aux US.

Boursier.com : N'est-ce pas trop ambitieux ?

J.D.M. : Je dirais plutôt que nous sommes pragmatiques. Nous avons déjà notre staff pour l'année prochaine, avec des anciennes gloires réellement motivées par notre projet. Une montée systématique tous les ans est réaliste dans la mesure où nous escomptons avoir systématiquement la meilleure équipe engagée dans la compétition. C'est seulement en L1 que nous pourrions être sérieusement concurrencés. De fait, nous n'avons pas bugetté de participation en Champions League avant 2015, le temps de nous adapter à ce niveau de la compétition. En revanche, si notre projet aboutit aux US, nous pourrions être champion de la zone "Amérique" avant cette échéance, et ainsi prétendre au titre de Champion du Monde autour de 2012. Auquel cas notre chaîne hôtelière pourrait alors viser une expansion mondiale, ce qui, là aussi, rentre dans le cadre d'un cercle vertueux.

Boursier.com : Et s'il y a un "couac" sportif ?

J.D.M. : Nous ferons tout pour que cela n'arrive pas. Dans le pire des cas, nous avons d'ores et déjà constitué une société foncière dotée de fonds propres solides apportés par un actionnaire ayant pignon sur rue dans un paradis fiscal, qui croit en notre projet et nous en a fait l'apport intégral. Cette struture adoptera aussi vite que possible le Statut "SIIC" afin de faire bénéficier à nos actionnaires d'un matelas de dividendes tous les ans si tout se passe comme prévu, quels que soient nos résultats sportifs. Actuellement sans actifs, cette entité se portera aquéreur du Palais Brogniart dès que celui-ci sera mis en vente par l'Etat, si tenté que ce soit un jour le cas. Une cession par appartement nous permettrait alors de rapidement rentrer dans nos fonds. Nous prévoyons de conserver la Corbeille, mais de transformer l'ancien lieu de la criée par un terrain de football en salle où évoluera notre équipe durant la saison d'hiver. Quelques travaux sont à prévoir, mais nous sommes très confiants. Le nombre de places assises y sera forcément très limité, mais nous permettra de faire remonter l'ARPS (revenu moyen par abonné, NDLR) d'autant que les spectateurs seront, à la fin des matchs incités à visiter la Corbeille. Nous pensons aussi que, enchantés de leur soirée, ils achèteront ensuite des actions de notre club, ce qui là encore est très vertueux pour l'ensemble de nos actionnaires. Pour les abonnés qui n'auront pas la chance d'assister au match, nous prévoyons un système d'accès aux matchs par Internet, via de la vidéo à la demande. Vous voyez donc que, même dans le pire des cas, en plus d'être une valeur "entertainment" grâce à nos activités footballistique et à notre filiale hôtelière, nous serons à la fois une valeur foncière et une valeur Internet. J'espère ainsi que nous serons susceptibles de rapidement rejoindre l'indice CAC40.

Propos recueillis par Odilon Morémanti

Propos recueillis par — ©2007-2014, Boursier.com

Jean-Daniel Miwherran Directeur Financier du Sporting Club de Paris
Jean-Daniel Miwherran

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit? Connectez-vous!

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes!

 
Forums
Valeurs les plus actives
  • CGG (ex-CGGVeritas)Acitivité: 10
  • CAC 40Acitivité: 6
  • Artprice.comAcitivité: 5
  • ArchosAcitivité: 5
  • AdomosAcitivité: 4
  • Groupe PartoucheAcitivité: 4
  • Sequana (regroupées)Acitivité: 4
Sujets à la une
  • Rythmes scolaires : 60% des Français y sont opposés 5
  • Areva : l'EPR finlandais ne sera pas opérationnel avant 2018 3
  • Hollande et Renzi obtiennent leurs sommets sur la croissance et l'emploi 4
  • Poutine évoque les "structures étatiques" du Sud-Est ukrainien 6
  • Tous les forums
  • Fortuneo : Banque en ligne moins chère
  • Abonnez-vous gratuitement aux publications et services BNP Paribas Produits de Bourse !
  • Bourse Direct - Le leader de la bourse en ligne
  • BINCK.FR - Expert de la bourse en ligne
  • Cortal Consors, pionnier de la Bourse en ligne
Fortuneo
Partenaires