Boursier.com : Le coût du travail est-il seul responsable des déboires de Peugeot selon vous ?
D.R. : Il convient plutôt d'évoquer un niveau de compétitivité global... Cela passe par le renouvellement de l'offre, une montée en gamme, une qualité supérieure, une présence forte à l'international. Le coût du travail est donc loin d'être le seul gage de réussite d'un constructeur automobile !
Boursier.com : La fermeture d'une usine comme Aulnay est-elle inéluctable ?
D.R. : La diminution des capacités de production en Europe a démarré depuis longtemps... Les groupes automobiles relocalisent leurs usines dans les pays émergents où se situent aujourd'hui la croissance de leurs ventes. C'est moins vrai en Allemagne où les constructeurs exportent beaucoup de voitures haut de gamme. Dans le bas et le milieu de gamme, le coût de production constitue un élément important de différenciation.
Boursier.com : La stratégie suivie par Renault vous semble-t-elle la bonne ?
D.R. : Face aux surcapacités de production en Europe et à un marché local saturé, les constructeurs doivent accélérer leur présence dans les pays où la demande est porteuse...
Boursier.com : Quelles sont les pistes à retenir pour assainir la situation de Peugeot ?
D.R. : Peugeot n'est pas le seul groupe automobile à connaître une passe difficile, Opel est également dans ce cas de figure... Une feuille de route concernant l'ensemble de la filière automobile européenne intitulée "Cars 21" va bientôt apporter des préconisations. Il faut soutenir la Recherche et le Développement, favoriser la restructuration des sites pour éviter la fragmentation, harmoniser les procédures douanières ou d'homologation...
Boursier.com : Le prix élevé des voitures n'est-il pas un frein à l'achat ?
D.R. : En monnaie constante, les prix des voitures a plutôt tendance à baisser. Le marché se segmente de plus en plus, les constructeurs doivent répondre à cette problématique afin d'apporter une valeur ajoutée supplémentaire à leur offre.
Boursier.com : Comment peut-on réduire l'écart de performance entre la France et l'Allemagne ?
D.R. : Rien n'est jamais acquis dans ce métier. Ainsi, les constructeurs américains étaient moribonds il y a peu de temps... Après une profonde restructuration, de nouvelles approches et un renouvellement de leurs produits, ils ont retrouvé une situation très enviable. Un constructeur comme Peugeot est demeuré trop hexagonal, il n'a pas suffisamment investi sur les marchés émergents, les plates-formes de ses véhicules ne sont pas assez partagées. Dans l'ensemble, il convient de mieux défendre l'industrie automobile européenne qui emploie 12 Millions de personnes...
Propos recueillis par Christophe Voisin - ©2012, 2013 www.boursier.com




