(Boursier.com) -- Le projet de loi phare du gouvernement, portant sur les contrats d'avenir a été adopté par l'Assemblée nationale. L'UMP, qui estime que la mesure est inappropriée a voté contre ou s'est abstenu, à l'exception de quelques voix...
Vers une entrée en vigueur plus tôt que prévu
Le dispositif qui doit finalement entrer en vigueur dès le 1er novembre à la place du 1er janvier 2013 - adoption d'un amendement en ce sens - prévoit de créer 100.000 emplois en 2013, ce chiffre étant porté à 150.000 l'année suivante. Il s'adresse aux jeunes de 16 à 25 ans, sans diplôme ou en difficulté d'insertion, "principalement dans le secteur non marchand et dans des activités ayant une utilité sociale avérée et des perspectives de recrutement durables", précise le texte.
"Un pansement social", pour l'opposition
Depuis l'annonce du dispositif, l'opposition critique une mesure inefficace et coûteuse : "Plutôt que de vous attaquer aux causes du mal, vous avez fait le choix du pansement social par la création d'emplois d'avenir subventionnés à 75 % (...) l'emploi public ou associatif ne saurait être la réponse au chômage dans un pays où tant d'emplois du secteur marchand restent à pourvoir", a fait valoir la député UMP Annie Genevard. Selon l'opposition, la solution au chômage des jeunes se trouve davantage dans la professionnalisation.
Le goût de la formation
"Certains prétendent qu'avec ce dispositif nous allons tuer l'apprentissage. Mais tout le problème est là : ces jeunes n'ont même pas pu trouver une solution avec l'apprentissage !", a rétorqué le ministre du Travail, Michel Sapin. "Si, à la fin du contrat, (...) certains reprennent goût à la formation, nous aurons réussi. En effet, ces emplois d'avenir ont également pour objectif de permettre à des jeunes de retrouver le goût d'apprendre", a-t-il ajouté.
Limiter les contrats aux ZUS, injuste ?
Autre critique formulée par l'opposition, les critères d'éligibilité de ces contrats. "Il est injuste de limiter le bénéfice de ces contrats d'avenir, notamment aux jeunes issus des zones urbaines sensibles. Je ne vois pas ce qui justifie qu'un jeune sans qualification domicilié en dehors de la zone urbaine sensible (...) ne puisse prétendre à un tel contrat", a estimé le député Gilles Lurton. Michel Sapin a, là encore indiqué que "les 500.000 jeunes sont concernés où qu'ils habitent" mais qu "il existe des zones où ils sont beaucoup plus nombreux qu'ailleurs". Selon lui, "il est normal que les quartiers où l'on compte 60 % de jeunes dans cette situation soient prioritaires"...
Le texte sera examiné par le Sénat à compter du 24 septembre, pour une adoption courant octobre. Le gouvernement a choisi une procédure d'urgence qui limite les navettes entre les deux chambres du Parlement...
M.D. - ©2012, 2013 www.boursier.com




