"Le coût du travail ne justifie pas à lui seul le manque de compétitivité" selon Ayrault.

(Boursier.com) -- "Le choc de compétitivité" réclamé par le syndicat du patronat, le Medef n'aura peut-être pas lieu... Le gouvernement envisagerait plutôt de proposer une "trajectoire de compétitivité", croit savoir l'agence de presse Reuters, qui cite une "source proche de l'hôtel Matignon", alors que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault s'est rendu ce lundi à l'institut de recherche technologique Jules Verne, à Nantes pour prononcer son discours sur la question.

Un choc qui peut avoir des effets récessifs
Dans une interview accordée au journal 'Le Figaro', la président du Medef, Laurence Parisot prône un choc de compétitivité sur une période courte de deux à trois ans maximum. Mais pour le gouvernement, ce 'choc' peut aussi avoir un effet "récessif", a indiqué la source. "On regarde tous les impacts macroéconomiques : si c'est pour faire un transfert dont l'impact sera plutôt récessif, ce n'est pas ce qu'on cherche"... Le coût du travail sera dans tous les cas abaissé, mais certainement pas dans les proportions souhaitées par les entreprises qui réclament 30 milliards d'euros de baisse immédiate des cotisations sociales.

"La compétitivité n'est pas qu'une histoire de coût du travail"
Le coût du travail peut être un élément expliquant le retard de compétitivité, mais il n'est pas le seul, selon Matignon. Pour retrouver sa place sur la scène internationale, la France doit aussi favoriser l'innovation, la montée en gamme des produits français ou encore encourager le financement à l'export des entreprises... Un point de vue partagé par certains syndicats comme la CFDT, qui pensent que dans certains secteurs, il peut y avoir un problème lié aux coûts du travail, mais qu'il existe aussi des manques en matière de compétitivité "hors coût".

La hausse de la CSG et de la TVA condamnée ?
L'ancien dirigeant d'EADS, Louis Gallois doit remettre son rapport sur la compétitivité début novembre. En attendant, les rumeurs vont bon train concernant les pistes à l'étude... La TVA dite "sociale", votée par le gouvernement de Nicolas Sarkozy pour financer le choc de compétitivité a été annulée par la nouvelle équipe gouvernementale. Reste la piste de la CSG qui semble être rejetée massivement par l'opinion publique : D'après un sondage Ifop pour 'Sud-Ouest Dimanche', publié la semaine dernière, seulement 29% des personnes interrogées se sont dites favorables à cette mesure pour compenser une baisse des cotisations sociales patronales. Parmi les autres pistes à l'étude figurent aussi la taxation des banques ou encore la fiscalité écologique...

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