(Boursier.com) -- Smic, retraites, coût du travail, emploi des jeunes ou encore formation professionnelle seront au menu de la "Grande conférence sociale" qui s'ouvre ce lundi matin et pour deux jours, au palais d'Iéna, où siège le Conseil économique, social et environnemental. Pas moins de 200 représentants des syndicats et du patronat y seront réunis pour débattre autour de sept tables rondes. A l'issue de ces rencontres, "il ne s'agit pas que la montagne accouche d'une souris, il s'agit que l'on puisse partager une ambition", a déclaré le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault lors de son arrivée, repoussant les critiques avançant que la conférence déboucherait sur peu de mesures concrètes.
"Vu l'urgence de la situation", il faudra de toute façon que des décisions soient prises et que le gouvernement ne se limite pas à un agenda, a expliqué ce matin le leader de la CGT, Bernard Thibault au micro de RTL. Ce dernier compte bien remettre au centre du débat certains sujets comme "les aides publiques et exonérations de cotisations dont bénéficient les entreprises au nom de l'emploi". Elles s'élèvent selon lui à 180 milliards d'euros et vu la situation du marché du travail, Bernard Thibault estime légitime d'en mesurer leur efficacité. L'indexation des grilles de salaires sur l'augmentation du Smic, est un des thèmes que le représentant de la CGT souhaite également aborder.
De son côté le Medef, syndicat représentatif du patronat tire la sonnette d'alarme sur le coût du travail. Thème qui figure au menu de la conférence sociale. "Je constate qu'il n'y a pas de déni sur le sujet", a reconnu dimanche, sa représentante Laurence Parisot, sur Europe 1 et I-Télé, rappelant que "le taux de marge brute des entreprises françaises est le plus faible d'Europe". Le Medef propose ainsi de transférer une partie du financement de la protection sociale des entreprises vers les citoyens, via la TVA. Une mesure qui avait été prise par le gouvernement sortant ("TVA sociale") et qui devait entrer en vigueur le 1er octobre prochain. L'équipe de Jean-Marc Ayrault a d'ores et déjà fait savoir la semaine dernière que la mesure serait abrogée.
Le Medef plaide aussi pou la "flexibilité", c'est-à-dire des mesures comme la possibilité de baisser temporairement les salaires en échange d'un maintien de l'emploi, ou encore une facilitation des suppressions de postes. Une idée à laquelle Force Ouvrière est clairement opposée. C' "est un des éléments du libéralisme économique qui nous amène dans le mur chez nous comme ailleurs", a prévenu ce matin Jean Claude Mailly à la tête du syndicat, sur le plateau de I-Télé.
A l'issue de ces discussions, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, doit conclure par un discours de synthèse mardi en fin d'après-midi, censé donner la "feuille de route" des travaux dans les semaines à venir. D'après le ministère du Travail, des mesures considérées comme urgentes, à l'image du "contrat de générations", pourraient être lancées avant la fin de l'année, et d'autres un peu plus tard...
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