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La FNSEA apporte sa pierre au "Grand débat"...

La FNSEA apporte sa pierre au "Grand débat"...

Les syndicats agricoles étaient reçus ce lundi par le chef de l'Etat, dont les promesses d'un "revenu décent" avaient séduit les agriculteurs en octobre 2017.

La FNSEA apporte sa pierre au 'Grand débat'...
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) va soumettre une contribution "sans concession" au "grand débat national" organisé en réponse à la crise des "Gilets jaunes". "Nous allons proposer une contribution pour le grand secteur agricole -14% des emplois français, troisième secteur exportateur, une activité qui tient les territoires et une alimentation saine, sécurisée et diversifiée", a annoncé lundi la présidente du principal syndicat agricole français Christiane Lambert, à l'issue d'un entretien avec Emmanuel Macron.

"C'est tout cela que nous allons faire valoir mais aussi la nécessité d'un accompagnement, parce qu'on régresse sur l'échiquier européen en raison de poids qui nous empêchent de tenir notre rang sur certains marchés, donc ce sera sans concession".

"La fracture rurale et sociétale est très forte, on le voit aujourd'hui avec le mouvement (des "Gilets jaunes"-NDLR), l'agriculteur c'est un pivot dans la ruralité et nous souhaitons qu'il en soit davantage conscient", a-t-elle ajouté.

Près d'un mois après le lancement du "grand débat" qui doit s'achever le 15 mars prochain et déboucher sur des "traductions concrètes", l'ensemble des syndicats agricoles était reçu ce lundi par le chef de l'Etat dont les promesses d'un "revenu décent" avaient séduit les agriculteurs en octobre 2017...

"Blocages" de la grande distribution

Quinze mois plus tard, ces derniers dénoncent les "blocages" de la grande distribution qui empêchent selon eux l'application de la loi agriculture et alimentation visant à mieux rétribuer les agriculteurs avec le relèvement de 10% du seuil de revente à perte (SRP) et encadre les promotions.

"Les Etats généraux de l'alimentation et la loi alimentation doivent produire tous leurs effets, le retour prix au producteur doit s'opérer", a insisté Christiane Lambert à l'Elysée. "Nous savons qu'il y a des réticences dans certaines négociations commerciales en ce moment, or c'est très important que les agriculteurs retrouvent les fruits de leurs efforts".

Loi Egalim

Adoptée en octobre dernier, la loi Agriculture et alimentation, dite loi "Egalim", doit faire l'objet jeudi matin à Matignon d'une réunion de suivi autour du Premier ministre Edouard Philippe en présence des ministres concernés. Au-delà de l'application de cette loi, la question du versement des aides pour les producteurs bio est également source de crispations entre les agriculteurs et le gouvernement.

Interrogé à ce sujet jeudi dernier lors d'un débat avec un millier de jeunes en Saône-et-Loire, Emmanuel Macron a assuré que les retards pris dans le versement de ces aides seraient "soldés" "au printemps", évoquant de "gros dysfonctionnements administratifs" et des "problèmes informatiques et techniques".

Autre pierre d'achoppement, la question du glyphosate, un herbicide jugé dangereux par les défenseurs de l'environnement mais que certains agriculteurs souhaitent continuer à utiliser.

Pragmatisme

Emmanuel Macron s'est engagé à le bannir en France d'ici à 2021 tout en laissant ouverte la porte à de possibles dérogations. Le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a précisé fin janvier que la sortie du glyphosate serait réalisée à 80% au 1er janvier 2021. "Dix, 20, 30 (%), la question n'est pas tranchée, il faut travailler et au fur à mesure, on pointera les impasses et il faudra à ce moment-là trouver des adaptations", a réagi lundi Christiane Lambert, tout en saluant le "pragmatisme" du chef de l'Etat sur ce sujet...

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