»
»
»
Consultation

Grèce : vers un défaut de paiement dès le 9 avril... ?

Grèce : vers un défaut de paiement dès le 9 avril... ?

Telle est l'hypothèse de Deutsche Bank, tandis que d'autres experts évoquent le 20 avril.

Grèce : vers un défaut de paiement dès le 9 avril... ?
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — L'heure tourne de plus en plus vite pour la Grèce... Alors que le gouvernement d'Alexis Tspiras s'est engagé à présenter une liste de réformes à ses créanciers avant lundi prochain, les analystes font leurs comptes, et estiment que le défaut de paiement se rapproche à grand pas pour Athènes, si une solution n'est pas trouvée dans les prochains jours.

Ainsi, les économistes de Deutsche Bank estiment que le gouvernement grec pourrait se retrouver en faillite dès le 9 avril, date à laquelle il doit rembourser une échéance de 460 millions d'euros au Fonds Monétaire International. Selon des sources citées par l'agence 'Reuters', la Grèce pourrait être en mesure de "tenir" un peu plus longtemps, jusqu'au 20 avril, à condition que le gouvernement recoure à des emprunts à court terme auprès d'institution publiques grecques. A ce sujet, le 'Financial Times' du jour a calculé que le gouvernement grec a déjà ponctionné plus de 600 millions d'euros, notamment auprès de la sécurité sociale grecque (50 ME), la société qui gère le métro d'Athènes et des compagnies publiques d'eau et d'électricité (PPC).

Les retraits bancaires reprennent

Un versement de 150 ME promis au système hospitalier pour début février n'a pas non plus été déboursé. Enfin, une aide de 300 ME de l'Union européenne aux fermiers grecs a été "détournée" pour payer les salaires des fonctionnaires, selon des sources citées par le quotidien financier britannique. L'étude de Deutsche Bank indique que depuis le début de l'année, les recettes fiscales grecques seraient inférieures de 1 milliard d'euros aux prévisions, et que les banques grecques manquent de liquidités, malgré l'aide d'urgence de la BCE. Les retraits de dépôts bancaires ont repris de plus belle en Grèce, et ont atteint 400 ME pour la seule journée du 18 mars, au plus haut depuis le 20 février, ce qui pourrait obliger le gouvernement à instaurer un contrôle des mouvements de capitaux en Grèce, selon cette étude.

L'aide européenne conditionnée

Deutsche Bank continue néanmoins de tabler sur une solution négociée, mais souligne que "l'incertitude reste élevée" et que "le processus menant à un compromis sera sans doute turbulent". Sans exclure une sortie de l'euro de la Grèce, les experts de la banque allemande n'en font pas leur scénario central. Cependant, en cas de "Graccident" (sortie par accident), ils pensent que l'effet de contagion serait moins important que lors des précédentes crises dans la zone euro, le cas grec étant très spécifique.

Rappelons qu'afin de débloquer le solde de l'aide (7,2 milliards d'euros) prévue dans le cadre du programme en cours, l'Union européenne exige qu'Athènes s'engage fermement sur la voie des réformes structurelles, alors que le gouvernement de la gauche radicale, arrivé au pouvoir le 25 janvier dernier, a rejeté les mesures d'austérité et promis de nombreuses aides sociales aux Grecs.

La rencontre Tsipras/Merkel donne un peu d'espoir

Les négociations se poursuivent à l'heure actuelle, le dialogue ayant été facilité par la rencontre lundi soir entre Alexis Tsipras et Angela Merkel, la chancelière allemande. A l'issue de ce tête-à-tête, les deux dirigeants ont estimé qu'il fallait "dépasser les stéréotypes" pour trouver un compromis. Toutefois, même si un accord est trouvé rapidement, il devra encore être entériné par le parlement grec (voire par un référendum, évoqué récemment par M. Tsipras), ce qui fait peser une incertitude sur son adoption définitive...

©2015-2019,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com