Euler Hermes prédit une année noire pour les entreprises françaises

(Boursier.com) -- En France, les compteurs économiques sont au rouge vif et ne vont pas s'améliorer tout de suite... C'est ce que démontre la dernière étude menée par Euler Hermes SFAC, qui redoute 64.000 à 65.000 défaillances d'entreprises l'année prochaine, après 63.000 cette année. L'assureur-crédit a révisé en baisse à 0,1% son anticipation de croissance pour 2012, et propose deux scenarii pour 2013. Dans le premier, le PIB serait en progression de 0,3%, mais l'objectif de réduction du déficit budgétaire à 3% du PIB serait manqué. Dans le second, l'ajustement serait "trop rapide" et la France "ne pourrait éviter une récession" avec un PIB en retrait de -0,2%.

Alarmant
Pour l'heure, le bilan est alarmant, même si Paris a évité, depuis 2008, la croissance négative subie par la plupart de ses voisins. "L'économie française n'a toujours pas retrouvé son pic d'activité d'avant crise", c'est-à-dire du 1er trimestre 2008, alors qu'elle est "en quasi stagnation depuis 5 trimestres et n'a échappé que de justesse à un repli au deuxième trimestre 2012", constate Euler Hermes.

Cause perdue
Les rédacteurs de l'étude estiment que la France doit mettre l'accent sur l'investissement et le commerce extérieur pour éviter la sortie de route l'année prochaine. "Le commerce extérieur de la France est doublement fragilisé. D'une part, par un manque de franche reprise des débouchés à moyen terme ; d'autre part, par une question de positionnement et de compétitivité-prix", explique Ludovic Sénécaut, le président du directoire d'Euler Hermes France, tandis que le chef économiste Ludovic Subran est sombre quand il juge qu'à court-terme "stimuler l'investissement semble cause perdue : l'imposition des bénéfices aura au mieux un effet marginal. Le facteur limitant reste l'anticipation d'un choc de profitabilité par manque de débouchés. S'ajoute à cela une problématique propre aux PME : elles restent toujours limitées dans leurs choix de financement".

Défauts d'entreprises
Dans ce contexte, les défauts d'entreprises sont appelés à connaître des niveaux historiques. Le premier semestre 2012 a déjà été particulièrement éprouvant en la matière, puisque les 15 principales sociétés défaillantes représentent 6,8 milliards d'euros de revenus annuels : c'est d'ores et déjà le triple du niveau de 2011. Petroplus (3,85 milliards d'euros de chiffre d'affaires), Doux (943 millions d'euros) et Loret (410 millions d'euros) sont les faillites les plus importantes. Et 2013 ne s'annonce pas mieux : "si l'on envisage un scénario dégradé de croissance zéro en France pour 2013, il s'agirait alors d'un record historique en nombre de défaillances, à plus de 65.000", conclut Ludovic Sénécaut.

C.L. - ©2012, 2013 www.boursier.com

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