(Boursier.com) -- Alors que le Mondial de l'Automobile s'ouvrira au public ce week-end à Paris, les patrons de Renault et de Peugeot appellent le gouvernement à réagir... Dans des entretiens publiés par 'Le Figaro' (pour Carlos Ghosn de Renault) et 'Les Echos' (pour Philippe Varin de PSA), les deux dirigeants lancent un cri d'alarme, et lancent un appel aux pouvoirs publics pour s'attaquer de toute urgence au chantier du coût du travail en France...
"Notre urgence, c'est notre compétitivité en France"
Pour Carlos Ghosn, les problèmes de Renault sont moins liés aux surcapacités qu'à la compétitivité de ses usines françaises : "Aujourd'hui, le principal sujet de Renault, notre urgence même, c'est notre compétitivité en France (...) Renault ne peut pas traiter tout seul" ce problème, estime M. Ghosn, qui attend du gouvernement "des choix et un plan d'action (...) Nous avons un problème de coût du travail et nous avons besoin de flexibiliser le travail, notamment dans l'industrie", poursuit-il. En interne, Carlos Ghosn entend engager d'ici la fin de l'année une concertation avec les syndicats sur ce sujet.
Philippe Varin fait le même constat, estimant qu'"il est extrêmement important d'alléger les charges sur les emplois industriels. Si nous arrivions à baisser nos coûts salariaux de 5 à 10%, ce serait très substantiel pour le groupe". M. Varin souhaite notamment pouvoir utiliser le chômage partiel sur des périodes plus longues, sur le modèle allemand du "kurzarbeit"...
Un marché européen "vraiment très mauvais"
Afin de redresser ses comptes, PSA a annoncé cet été la fermeture de son usine d'Aulnay-sous-Bois et a négocié un accord de compétitivité (flexibilité accrue et gel des salaires) en échange du maintien des emplois sur son site de Sevelnord (Nord). Au passage, le président du directoire de PSA se dit convaincu que "d'autres constructeurs devront mener des opérations similaires. Certains de nos concurrents perdent encore plus d'argent que nous sur chaque voiture vendue. La situation n'est pas tenable !".
De son côté, Carlos Ghosn assure que Renault ne perd pas d'argent et que le groupe n'est pas confronté à la surcapacité, mais il constate que "le marché européen est vraiment très mauvais... Il devrait chuter d'environ 8% en 2012, alors que nous prévoyions une chute de 3% en début d'année, et de 6 à 7% en juillet". En France, la baisse devrait atteindre 13% cette année, contre une prévision de -10 à-11% cet été, et pour 2013, M. Ghosn s'attend au mieux à la stabilité ou à une légère baisse... De son côté, Philippe Varin avance des chiffres comparables, et s'attend pour cette année à un recul de 8% pour le marché européen et de 12% pour la France.
Sur le plan financier, le président du directoire de PSA maintient son objectif d'un cash flow à l'équilibre en 2014, tandis que Carlos Ghosn confirme sa prévision d'un free cash flow positif en 2012, tout en précisant que l'objectif d'une hausse des ventes mondiales du groupe cette année est "en revanche fortement sous pression" en raison de la dégradation du marché européen...
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