(Boursier.com) -- La couleuvre est difficile à avaler pour le secteur bancaire !... Les dirigeants européens chercheraient en effet désormais à imposer aux banques des pertes de 60% sur les obligations de l'Etat grec qu'elles détiennent. Ce chiffre, avancé ce matin par le 'Financial Times' et par d'autres sources proches du dossier est le plus élevé ayant circulé jusqu'ici. Rappelons que l'accord du 21 juillet dernier, désormais caduque, prévoyait une décote limitée à 21%.
Selon le quotidien britannique, les dirigeants européens se seraient donc accordés sur une décote de 60%, lors du sommet européen de dimanche. Même le président français Nicolas Sarkozy, qui s'était opposé jusque-là à une perte supérieure à 40%, s'y serait finalement rallié...
La contribution du secteur privé au sauvetage de la Grèce doit en principe rester "volontaire" de la part des banques, pour ne pas déclencher le paiement des CDS (titres assurant contre un défaut de paiement) sur la dette grecque, un "événement de crédit" considéré comme un défaut de paiement officiel... Or, l'Europe veut éviter à tout prix une faillite désordonnée de la Grèce, aux conséquences imprévisibles pour d'autres pays endettés.
Il reste donc à tordre le bras à l'Institut de la finance internationale (IIF), le syndicat bancaire qui négocie avec les États, pour qu'il accepte ce nouveau sacrifice, en échange d'une promesse de recapitalisation des banques. Les banques grecques, qui détiennent 15% (environ 52 MdsE) de la dette grecque de 350 MdsE, sont particulièrement exposées, et ont plongé hier en Bourse dans la crainte d'une recapitalisation qui les placerait sous la tutelle de l'Europe et du FMI.
Les banques françaises sont aussi très impliquées, à hauteur de 10 MdsE. Mais selon le gouvernement et les dirigeants bancaires, elles seraient en mesure de renforcer leurs fonds propres sans faire appel à l'aide publique, en taillant dans les dividendes versés aux actionnaires et dans les bonus accordés à leurs dirigeants...
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