(Boursier.com) -- Le titre de l'établissement bancaire d'épargne et de crédit de Seattle Washington Mutual décrochait de 73% en post-séance à Wall Street hier, à 45 cents environ, contre une clôture à 1,69$. JP Morgan Chase va donc acquérir les opérations bancaires de "WaMu", saisies par les autorités américaines de la FDIC jeudi soir. Concrètement, la procédure gouvernementale de saisie se traduit par une destruction de la valeur de WaMu pour ses actionnaires, ce qui ne devrait pas réjouir TPG Capital qui avait injecté 7 Mds$ dans l'affaire au printemps.
Ceci constitue l'échec le plus retentissant dans l'histoire américaine de l'industrie bancaire. La faute à la fuite des clients de la banque, paniqués suite aux récentes actions des agences de notations et à l'actualité pesante faisant état ces derniers mois du risque d'un démantèlement de l'établissement.
JP Morgan payera 1,9 Md$ aux régulateurs américaines de la Federal Deposit Insurance Corporation pour prendre possession des dépôts, assurés ou non, des activités bancaires de WaMu. JPM récupère aussi des actifs et engagements associés à ces opérations. JP Morgan Chase n'échappe cependant pas à la reprise du portefeuille mortgage de WaMu.
JP Morgan, qui avait repris les opérations du broker de Wall Street Bear Stearns en mars dernier, ce qui constituait alors l'un des premiers effondrements dans l'industrie, explique qu'il dépréciera pour 31 Mds$ le portefeuille de crédit de WaMu. JPM va aussi céder 8 Mds$ de titres ordinaires afin d'améliorer sa position de capital. La FDIC, de son côté, explique sa décision de saisie et de vente des opérations de WaMu par les difficultés majeures rencontrées par le Groupe sur le plan des liquidités. La FDIC qui assure encore qu'il n'y aura pas d'interruption des services bancaires dans le cadre de cette opération. Autrement dit, l'autorité bancaire veut encourager les clients à conserver désormais leurs comptes. "C'est simplement la combinaison de deux banques", veut assurer un responsable de la FDIC à propos de ce que d'autres qualifient de "rachat de la dépouille de WaMu par JP Morgan".
L'Office of Thrift Supervision, organe de contrôle financier, explique de son côté que les retraits de dépôts chez WaMu atteignaient plus de 16 Mds$ depuis mi-septembre. Ce phénomène ne laissait plus à WaMu assez de liquidités pour répondre à ses engagements. Avec plus de 300 Mds$ d'actifs, WaMu constitue la plus importante défaillance bancaire et financière de l'histoire US, loin devant IndyMac, saisie en juillet en pleine tourmente financière. Évidemment, les choses en auraient peut-être et même sans doute été autrement si le plan Paulson de 700 Mds$ avait été très rapidement adopté comme l'espéraient les ténors de l'administration Bush.
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