(Boursier.com) -- Les résultats de STMicroelectronics se sont enfoncés dans le rouge en fin d'année 2011, comme le redoutaient les analystes. Les chiffres sont peu ou prou conformes aux attentes, hormis du côté de la marge brute, un indicateur clef, qui est plus faible que projeté. C'est toujours la co-entreprise dans les plateformes mobiles ST Ericsson qui grève la performance, avec de lourdes pertes, tandis que les trois autres divisions résistent et génèrent des profits.
Le groupe franco-italien a vu son chiffre d'affaires reculer de -10,3% entre le troisième et le quatrième trimestre 2011, à 2,191 Milliards de Dollars. La marge brute s'est contractée de 35,8 à 33,4%, tandis que l'exploitation est déficitaire de -132 Millions de Dollars, à comparer à -23 M$ sur le trimestre précédent. La perte nette s'établit à -11 M$. Le consensus compilé par Bloomberg misait sur 2,2 Milliards de Dollars de chiffre d'affaires (fourchette 2,03 à 2,28 Mds$), une marge brute de 33,8% et une perte opérationnelle de -135,5 M$ (fourchette -198 à -73 M$).
Les indications du management pour la période faisaient état de 2,15 à 2,3 Mds$ de revenus pour une marge brute dans la fourchette 32 à 35%. Il faut noter que la comparaison annuelle est peu flatteuse puisque ST avait dégagé 2,83 Mds$ de revenus au 4ème trimestre 2010, pour 39,9% de marge brute et un bénéfice d'exploitation de 213 M$.
"La marge brute a reculé de 240 points de base par rapport au troisième trimestre, essentiellement en raison d'une baisse des volumes liée à la réduction des stocks qui a abouti à une sous-utilisation des capacités de production des usines de ST", explique la direction, qui met en avant le fait que les filiales à 100% du groupe "ont enregistré une solide performance tout au long de l'année dans un contexte de ralentissement sévère du marché globale des semi-conducteurs", avec un chiffre d'affaires de 8,2 Mds$ et une marge d'exploitation de 11,4%. La situation de trésorerie restait solide avec un excédent de 1,167 Md$ en tenant compte de la dette de ST Ericsson à hauteur de 50%. La trésorerie et ses équivalents se chiffrait à 2,33 Mds$ en fin d'exercice.
Sur la totalité de 2011, ST a dégagé un chiffre d'affaires de 9,735 Mds$, une marge brute de 36,7%, un bénéfice d'exploitation de 46 M$ et un bénéfice net de 650 M$. Ces chiffres se dégradent par rapport à ceux de 2010.
La direction pense que le carnet de commandes "a touché son point bas". Le trimestre en cours devrait se traduire par "un niveau de facturations plus élevé que la saisonnalité des activités détenues à 100% par ST", compensé par une performance du chiffre d'affaires de ST Ericsson "significativement" plus faible. "Les premières prévisions des analystes de l'industrie indiquent que le marché global des semi-conducteurs devrait se stabiliser en 2012", souligne le groupe, qui pense que la croissance pourrait se poursuivre mais qui reste préoccupé par les incertitudes macroéconomiques. "En conséquence, nous prévoyons pour le court terme de maintenir un plan de charge réduit de nos usines". Cela se traduira au premier trimestre 2012 par une baisse de -4 à -10% du chiffre d'affaires, pour 31,5 à 34,5% de marge brute (point médian 33%).
Le patient ST Ericsson reste sous perfusion, et ST concède que les résultats actuels "sont encore éloignés des perspectives financières" initialement envisagées, malgré une "montée en puissance" des nouveaux produits. "ST Ericsson entre aujourd'hui dans une phase cruciale qui implique de se concentrer sur une amélioration de l'exécution de sa stratégie, un abaissement du point mort et la révision de sa feuille de route pour arriver à une rentabilité durable", explique la maison-mère, qui se repose sur le nouveau directeur général Didier Lamouche pour parvenir à inverser la tendance, après plusieurs trimestres d'échecs. Une "analyse stratégique" est en cours sur la co-entreprise, qui pourrait amener "des mesures pour renforcer et accélérer les progrès de ST Ericsson vers la rentabilité". En cas de dégradation des perspectives commerciales de la co-entreprise, une nouvelle dépréciation pourrait être prise.
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