(Boursier.com) -- Royal Bank of Scotland a pris des risques inconsidérés en rachetant une partie de la banque néerlandaise ABN Amro et a évité de justesse la banqueroute voici trois ans en raison de décisions mal avisées et d'une réglementation laxiste, affirme le gendarme britannique des marchés boursiers ce lundi.
Dans un rapport de 452 pages, la Financial Services Authority (FSA) reproche à l'ex-Chancelier de l'Echiquier et Premier ministre, Gordon Brown, d'avoir été le chantre d'une législation peu regardante, pointant du doigt les faiblesses de la RBS en matière de fonds propres et de financement.
"La décision de formuler une offre de cette importance sur la base d'une consultation des comptes (due diligence) limitée comportait une prise de risque que l'on peut raisonnablement qualifier d'inconsidérée", affirme ainsi la FSA en rapport à la reprise d'ABN. Le FSA s'autocritique dans son rapport mais rappelle qu'elle subissait une pression politique l'invitant à ne pas promouvoir une réglementation trop rigoriste, dans l'intérêt de la place financière que représente Londres.
A plusieurs reprises, en 2005 et 2006, Gordon Brown avait dit qu'il ne voulait pas d'une "réglementation inutilement rigoriste et importune" qui serait nuisible à la compétitivité de Londres. La FSA admet des carences dans sa propre tâche de surveillance qui ne lui permettait pas de remettre en question les décisions de la RBS et elle recommande que les autorités soient dotées à l'avenir de suffisamment de prérogatives pour pouvoir éventuellement bloquer des OPA dans le secteur bancaire.
La RBS a frôlé le dépôt de bilan en 2008 et n'a dû son salut qu'à une intervention publique qui a coûté 45 Milliards de livres à l'Etat. Ce dernier détient depuis 83% du capital de la banque.
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